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samedi 24 janvier 2026

Mon iPhone est un livre

Voici mon iPhone. Il est de belle dimension, genre 11 x 18 cm. Il est stylé. La coque est personnalisée en permanence, avec le nom d'un influenceur et le titre d'une séquence qui s'ouvrira. Son épaisseur n'est ni une faiblesse ni un handicap : on scrolle de l'Histoire naturelle des morts d'Ernest Hemingway au Frères Karamazov de Dostoïeski avec frénésie. Étonnamment, il est toujours léger et, le plus souvent, tient dans une main.

Mon iPhone, contient des histoires ou des applications et je lui donne une occurence : "livre", et "bibliothèque" à force de choisir des applications et de les entasser dans un espace de stockage. Je sélectionne des petites capacités, de manière à le glisser dans une sacoche mais je peux les laisser à disposition dans les toilettes si leur volume est trop imposant comme Arbres remarquables du Finistère de "Locus solus".
Mon iPhone je l'emporte partout. Je le dépose sur la table de chevet comme sur une étagère sans me formaliser de sa surveillance. Pour ce modèle, je n'ai pas besoin de code PIN ni d'empreinte digitale. En un simple clin d'oeil, je le déverrouille. Et dès que je le souhaite, au bout d'1/4 heure, ou davantage, je peux le mettre en mode avion.

Le plus souvent, l'application me fait du bien et m'aide à faire une sieste, elle navigue encore dans mon esprit. Elle est un somnifère et je m'endors sur le canapé ou dans mon lit. Elle est le compagnon de mon intimité que je sois nu, en pyjama ou bien en jogging, sous la couette et souvent dans mon doudou. Je n'ai pas besoin de me mirer dedans : c’est plutôt elle qui occupe mon esprit.

Quand je glisse mon doigt pour ouvrir le livre, je ne sais pas toujours à quoi m'attendre. Quelquefois, ça rame comme La condition humaine de Malraux. Dans ce cas-là, je zappe l'application. Mais très souvent, elle est très tactile à l'exemple de Sang noir de Louis Guilloux. Je l'ouvre puis je la ferme. Je l'ouvre puis je la ferme. Ce papillonnage se répète jusqu'au moment où j'ai apaisé mon accoutumance. Parce que cela peut devenir compulsif. Si je suis accro ? Évidemment. La navigation est illimitée.

La lecture fatigue comme toute activité qui sollicite le cerveau et les yeux. Je verrouille l'iPhone. Toutefois, un léger signal dans la tête me rappelle bientôt sa présence. Une envie soudaine traverse le corps et au bout d'un moment, presque fébrile, il faut le reprendre entre les mains puis créer un nouveau chargement mental.

Cette fébrilité varie en fonction de l'intensité du contenu. Ici, il s'agit de Demande à la poussière de John Fante. Je n'apprécie pas trop le personnage principal, mais le style me touche et il est de la même veine que celui de Charles Bukowski. J'irai jusqu'au bout. De toute façon, l'application était gratuite. J'aurai à peine éteint l'iPhone qu'une autre application m'attend dans la mémoire, L'affaire Quinot d'Émile Danoën.

Mon iPhone, je peux le prêter. Je ne crains rien. Je demande juste qu'il revienne. Il peut prendre la poussière, ça fonctionnera toujours. Il ne sera jamais délaissé ni recyclé. Les métaux rares qui le composent n'ont d'impact que sur ma nature humaine, pour mieux l'enrichir.

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