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jeudi 26 février 2026

P. Watson, H. Clement : leurs liens avec l'extrême droite

Tout d'abord, l'avertissement qui suit s’adresse à la lectrice ou au lecteur qui pourrait être irrité.e en lisant cet article : l'histoire contemporaine récente nous rappelle une évidence cruciale : on ne discute pas avec l'extrême droite, on la combat, quel que soit le sujet, et surtout s'il concerne l'écologie.

Paul Watson et Hugo Clément sont indéniablement deux personnalités publiques dont l'engagement en faveur de la cause animale et de leur bien-être ne peut être remis en cause. C’est sur ce thème, en particulier, qu’ils ont bâti leur notoriété médiatique, bien que chacun dispose d’une aura et de moyens de communication et d'action différents. Dans leurs espaces respectifs, les deux militants dérangent : ils provoquent de l’animosité à leur encontre et subissent des pressions de lobbyistes, tout comme n’importe quel autre militant écologiste à travers le monde. Beaucoup d’anonymes ont même été assassinés pour avoir résisté à des manœuvres hostiles envers leur environnement. Il s’agit plutôt de chercher un positionnement politique différent afin d’éclaircir certains points, ce qui est utile dans des sociétés de plus en plus endoctrinées par des discours et des postures nationalistes. Cet endoctrinement ne peut être banalisé. 

Rassemblement en soutien à Watson,
animé par Clément

En dehors de leur préoccupation légitime pour la préservation de la biodiversité et le bien-être animal, Paul Watson et Brigitte Bardot partagent un autre lien : leur amitié.

À première vue, en tant qu’ami, Paul Watson ne peut ignorer que l’icône française a été condamnée à plusieurs reprises par la justice pour provocation à la haine ou à la discrimination raciale (1). Il ne pouvait pas non plus faire abstraction sur les positions politiques publiques de Brigitte Bardot, favorables au Front National de Jean-Marie Le Pen. Cependant, il est possible que le vieux militant connaisse moins l’histoire du régime de Vichy, la collaboration française et la création du Front National. Faut-il lui rappeler qu'en France, le racisme n’est pas une opinion mais un délit.

Un autre point les rapproche : la question de la démographie. Brigitte Bardot déclare :

« Mon pays, la France, ma patrie, ma terre, est de nouveau envahi par une surpopulation d’étrangers, surtout de musulmans. »

Paul Watson, pour sa part, affirme :

« Nous devons réduire radicalement et intelligemment la population humaine à moins d’un milliard… Guérir un corps atteint d’un cancer nécessite une thérapie radicale et invasive, et, par conséquent, guérir la biosphère du virus humain nécessitera également une approche radicale et invasive. » 

Ces propos auraient pu être qualifiés par Murray Bookchin d’« anti-humanistes », tandis que d’autres figures écologistes, comme Hubert Reeves, jugent la méthode de Watson « ridicule » et « totalement improductive ». Certains activistes vont même jusqu’à le qualifier d’« écofasciste ». (2) (3)

Un autre lien moins connu relie Watson à Dave Foreman, cofondateur du mouvement Earth First! aux États-Unis. Foreman défendait une stabilisation ou une réduction de la population humaine non pas pour des motifs politiques ou sociaux, mais pour protéger la vie sauvage et les habitats naturels. Là encore, Murray Bookchin a critiqué ces positions, reprochant à Foreman de placer la nature au centre de l’engagement radical sans vouloir réformer profondément les structures sociales pour préserver l’environnement. (4)

Murray Bookchin aurait-il pu rencontrer Hugo Clément ? Impossible : le philosophe social est décédé en 2006, tandis que le journaliste est né en 1989. Pourtant, les théories de Bookchin continuent d’influencer certains médias et acteurs engagés, qui peuvent s’en inspirer sans déformer sa pensée.

Le 24 février 2026, Hugo Clément est convoqué devant une commission parlementaire à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’une enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Que lui reproche-t-on exactement ?

Une députée de LFI, Ersilia Soudais, l’accuse de « réhabiliter » l’extrême droite après sa participation à un débat avec Jordan Bardella, président du Rassemblement National, publié dans la revue Valeurs actuelles en 2023 (5). Pour se justifier, Clément explique :

« Cette période nous montre que le débat est toujours préférable au lynchage. »
« Si débattre, c’est débattre avec les gens qui pensent comme vous, ça n’a aucun intérêt. Il est très important d’arrêter d’opposer les gens et de ne pas tomber dans une logique sectaire. »

Le problème ne réside pas dans son plaidoyer pour le débat, mais dans le contexte: Valeurs actuelles a été condamnée en 2021 pour injure publique à caractère raciste, dans le cadre d’une publication sur la députée Danièle Obono (6). La condamnation a été confirmée en appel en novembre 2022, puis définitivement en janvier 2024. En tant que journaliste de premier plan, Clément ne pouvait omettre ces antécédents judiciaires. De plus, d’autres controverses viennent renforcer le caractère sensible de la ligne éditoriale de ce journal.

En théorie, Clément aurait pu intervenir dans le journal en tant que simple citoyen, garantissant son droit à l’expression. Mais il a choisi d’utiliser sa plateforme médiatique et son expertise journalistique pour informer et sensibiliser le public, plutôt que pour défendre des opinions personnelles. Cela pose la question suivante : jusqu’où va la responsabilité d’un journaliste lorsqu’il utilise un média controversé pour diffuser un débat?

Ensuite, l'animateur audiovisuel prétend qu'il faut dialoguer avec l'ensemble des partis politiques et que la programmatique dans le domaine de l'écologie, qui, selon lui, est une science, n'appartient pas à un parti ou à un groupe d'activistes. Il a raison sur ces deux points. Sauf qu'il n’est pas complet : oui, l'écologie est une science, mais elle devient politique lorsqu’on se positionne autrement en adoptant les principes de l’écologie sociale.

Enfin, l’ambition, louable, d’élargir les débats à l'extrême droite, dans une recherche d’évitement des conflits a, par le passé, été extrêmement préjudiciable à la paix en Europe. Deux films illustrent cette problématique : Les Vestiges du jour, du réalisateur James Ivory, sorti en 1993, et prochainement Les Rayons et les ombres, réalisé par Xavier Giannoli.

Avis personnel : si Watson et Clément ont trouvé dans l’écologie une raison d’exister, pour ma part, j’y ai trouvé une raison de vivre. Dans ces deux cas cités dans l'article, il s'agit, à minima, d'une grossière erreur d'appréciation.

(1) https://www.lexpress.fr/societe/15000-euros-d-amende-pour-brigitte-bardot_507009.html?utm_source=chatgpt.com

(2) https://www.ledevoir.com/actualites/societe/184768/les-ecoterroristes-des-impatients-marginaux-et-anti-humanistes

(3) https://www.nouvelobs.com/ecologie/20251031.OBS109295/paul-watson-un-pirate-reac-pourquoi-le-fondateur-de-sea-shepherd-divise-les-ecologistes.html

(4) http://atelierdecreationlibertaire.com/Quelle-ecologie-radicale,957.html

(5) https://www.ladepeche.fr/2026/02/25/hugo-clement-responsable-de-la-montee-de-lextreme-droite-selon-linsoumise-ersilia-soudais-le-militant-ecologiste-recadre-la-deputee-13243538.php

(6) https://www.ladepeche.fr/2021/09/29/daniele-obono-depeinte-en-esclave-valeurs-actuelles-condamne-pour-injure-raciste-9820729.php?utm_source=chatgpt.com












dimanche 25 octobre 2020

L'anarchie, un rempart contre les barbaries

Contrairement à une économie ultralibérale, portée par une suite d'algorithmes informatiques, dominée par une hiérarchie à la recherche de profits à l'infini, et qui se nourrit en l'absence d'interactions avec les phénomènes civilisationnels, la société humaine a besoin d'une organisation politique pour faire face aux périls de la barbarie. L'anarchie apporte encore au 21ème siècle des réponses concrètes aux différents chaos qui se profilent, des chaos qui ont déjà pris corps dans des bouleversements climatiques irréversibles. 

                    la ruée récente sur le papier toilette à cause de la Covid-19 démontre bien l'impréparation des 

                                                            populations face à de prochains soulèvements incontrôlés

Quand on évoque la barbarie en 2020, le lien avec des dérives religieuses, notamment caractérisées par le djihadisme, y trouve une concrétisation immédiate et altérante. Elles prennent toutes leurs significations à travers des actes de terrorisme et semblent de plus en plus vouloir atteindre les piliers de la connaissance universelle, quels que soient leurs champs d'application.  La réponse à la montée d'un nouveau fascisme religieux (le catholicisme a lui aussi démontré sa capacité par le passé à lacérer profondément des civilisations indigènes au point de les aliéner), imprégnant de plus en plus les populations, particulièrement en Afrique, ne sera jamais jugulée par l'attitude ambivalente des démocraties libérales qui vont jusqu'à fournir un arsenal complet d'armes à des pays du Moyen-Orient ou qui développent comme l'Amérique de Trump, une diplomatie de l'isolement ou de rupture (le cas d'Israël) alors que la mondialisation libérale leur est plutôt bénéficiaire. 

Toute cette fascination, voire fanatisation, pour des croyances belliqueuses ne doivent pas nous détourner de nouvelles formes de barbarie qui pourraient naître de l'effondrement économique de l'occident consécutif aux bouleversements continus de l'environnement. Les défis sont plus nombreux que le déni ne limitera pas et n'ont pas encore déployé toutes leurs démonstrations nocives : le dégel du permafrost avec la libération potentielle de virus inconnus, l'accès à des besoins vitaux (l'eau et les denrées alimentaires), les cataclysmes en tout genre généralisés, les déplacements de populations (réfugiés climatiques et migration de masse), l'accentuation des maladies et de la mortalité liées aux pollutions thermo-chimiques, la perte endémique de la biodiversité partenaire d'une économie agricole, le développement industriel de bêtes à viande, la destruction accélérée de pièges naturels du carbone comme les forêts, l'acidification des océans, la perte des ressources halieutiques et menaces sur l'ensemble du vivant, les conflits autour de gisement de minerais avec la recrudescence de l'esclavagisme et notamment infantile,.... Les démocraties libérales centralisées s'en trouveraient fragilisées, ne serait-ce que sur l'aspect sécuritaire de territoires pourvus d'une production énergétique nucléaire, parce que complices d'une rupture dans la préservation d'une paix sociale. Ne courrions-nous pas alors le risque de voir se construire des politiques toujours plus autoritaires ?

En admettant, comme le pensent les collapsologues que l'irrémédiabilité du changement climatique se situe dans une fourchette comprise entre 10 à 30 ans, le type même des démocraties que l'on connait aujourd'hui, et qui ne parvient déjà pas à faire face à l'obscurantisme religieux, ne sont plus des organisations politiques capables de contrôler les barbaries à venir. L'anarchie qui prend un nouveau tournant dans ce que Murray Bookchin appelle le municipalisme libertaire, doit être un rempart aux paniques qui pourraient assaillir des populations entières et majoritairement urbanisées face à des pénuries élémentaires. Selon la vision de l'écologie radicale, les assemblées décisionnelles s'organiseraient au plus près des préoccupations locales. Le "retour à la terre" se généraliserait sous forme de véritables coopératives, les déplacements devraient être limités ou sinon propulsés par des mécaniques vertueuses (énergie vélique pour les navires par exemple). L'éducation écolo-populaire serait la base de ce qui garantira la paix des continents parce qu'elle enseignerait les vertus de la sobriété. On pourrait ainsi égrainer des solutions déjà existantes et bénéfiques à l'ensemble de l'humanité, car l'aspect technologique est une chose acquise, se mettant au service exclusif du bien vivre et de la santé de ces populations humaines, libérées de l'Etat-Nation, du libéralisme et des religions. 


L'adaptation climatique : le nouveau mantra des politiques

Depuis plusieurs semaines, commentateurs, responsables politiques et scientifiques mobilisent une même réponse court-termiste dans leurs dis...