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lundi 6 juillet 2026

L'Anarchie ne cédera jamais

L'Anarchie ne cédera jamais. Pourtant, des tentatives de ralliement à de prochains candidats aux élections présidentielles essayent d'éroder les digues de l'îlot anarchiste. On assiste à des appels insistants à ciels qui se sentent anarchistes dans leur quotidien et dans leur façon de vivre, à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Ces appels, certainement bien intentionnés, sont voués à l'échec. Au-delà de la sympathie que certains voudraient accorder au candidat imposé de LFI, d'autres logiques politiques, démocratiques et historiques, devraient empêcher que les urnes se remplissent de bulletins de vote anarchistes en sa faveur. Cette élection suprême n'est ni plus ni moins qu'un piège démocratique.

Entrée de l'abri du champ de warm-izela
Jean-Luc Mélenchon est un pur produit de la République française, un homme d'État. Ancien troskiste et socialiste, jacobin, révolutionnaire autoritaire (1), il déverse depuis des années dans l'espace public sa haine du pluralisme des identités de la Nation. N'avait-il d'ailleurs pas qualifié les écoles Diwan de secte ? (2) S'il fait une entorse à la règle dogmatique de la France « une et indivisible » en reconnaissant une autonomie à la Corse au nom de sa spécificité identitaire, il prévoit, dans le même temps, de réorganiser l'échelon régional en proposant une carte de nouvelles écorégions hydriques complètement farfelue, qui ne tient compte que des grands bassins versants — dissolvant ainsi des régions à forte identité historique et culturelle, comme la Bretagne, dans de vastes ensembles purement hydrographiques. 

Aucune doctrine cohérente ne vient justifier ce traitement à géométrie variable : une reconnaissance identitaire accordée à la Corse, un effacement identitaire imposé ailleurs. Le tout, en maintenant l'échelon départemental, seul niveau réellement symptomatique du contrôle des populations par l'autorité centrale. Quant à la caution écologique de la préservation des espaces naturels et des zones humides, elle n'a aucune cohérence. Cela suffit déjà à l'écarter aux yeux de nombreux partisans d'une République fédéraliste, voire confédéraliste, pour ceux qui soutiennent cette option démocratique.

Si l'on peut envisager des entorses à la matrice anarchiste pour des élections locales — listes citoyennes, relais pour porter le municipalisme libertaire, entre autres, parce le niveau de pouvoir relève du mandat impératif —, les candidats à l'élection présidentielle incarnent, eux, tout ce que l'Anarchie rejette. Ils ne se présentent que dans l'unique ambition de trôner au sommet de l'État. Ce seul objectif est totalement inconciliable avec les principes mêmes de l'Anarchie.

Pire : soutenir un candidat, ou voter pour lui, est une anomalie sérieuse envers la mémoire de ciels, syndicalistes, individualistes, ou non, qui se sont battus, qui ont souffert de la misère, torturés, déportés, exclus, salis, tués, qui ont subi la répression de l'État français, la haine des médias, et le déclassement social — insupportable et intolérable — infligé par les bourgeois, industriels ou rentiers, aux travailleurs et travailleuses.

Enfin, l'argument massue du « barrage à l'extrême droite » relève certainement plus d'une maladresse que d'une injonction des partisans d'un vote utile pour le premier tour de l'élection de 2027. Si les sondages successifs commandés par les médias mainstream donnent invariablement le RN en tête du premier tour, rien ne vient démontrer que leur candidat remporterait la présidentielle au second tour (à moins d'y voir Jean-Luc Mélenchon lui-même qualifié). En admettant que la crainte de ciels qui voudraient nous voir abandonner un principe fondamental de l'Anarchie se concrétise par une présidence française personnifiée par l'extrême droite, de quoi aurions-nous peur ? Puisque nous n'avons pas cédé, viendra le temps de la Révolution. 

Certains céderont ? Qu'importe. Nous resterons anarchistes.

(1) Il se revendique lui-même « robespierriste » et a défendu à plusieurs reprises la Terreur comme épisode nécessaire de la Révolution.

(2) À la même époque, j'éditais un livre sur les trente années d'existence du réseau Diwan. Voir son interview à Libération, 4 décembre 2001, et son intervention au Sénat, 13 mai 2008.


6 commentaires:

  1. Salut !

    Je soutiens ton idée dans l'article sur l'électoralisme. soutenir ou voter
    pour Jean‑Luc Mélenchon reviendrait à abandonner des principes anarchistes
    qui sont incompatibles avec une logique d’État et de pouvoir présidentiel.
    Les arguments “vote utile” ou “barrage” ne peuvent pas justifier ce
    renoncement, et l’anarchisme ne doit pas être dilué au nom d’un calcul
    électoral.

    J'ai répondu à certains de ces articles ici :
    https://equilibre.anarchomachie.org/

    Bien à toi,

    Cordialement,
    EL | equilibre@anarchomachie.org

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  2. On peut difficilement être d'accord à 100%, même parfois avec ses amis ou sa famille. Sans abandonner l'idée qu'une promesse n'est qu'une promesse, mais depuis 30 ans que je vote et que je ne gagne jamais (sauf en 2005) je trouverai dommage qu'un programme de 6ème république, de planification écologique, de souveraineté vis-à-vis de impérialisme Etats-Uniens, ne soit pas essayé. Franchement David, que vaut Diwan dans un monde où le pétro-dollars et les GAFAM gouvernent ? Amicalement.

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    1. Adrien, on ne pourra pas dire que nous n'avons pas essayé d'introduire et de généraliser une monnaie locale. Chacun avec ses motivations. Nous n'avons pas eu besoin de partis politiques. Nous avions besoin d'une adhésion plus massive. L'échec est patent et n'est pas de la responsabilité des Gafam. Je crois que se concentrer sur ce qu'ils font est une perte de temps. Amicalement.

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  3. Pour celleux qui attendent encore et toujours le grand soir. Iels en ont parfaitement le droit. Mais ne pas faire ensuite semblant d'être solidaire de qui que ce soit subissant de plein fouet l'ultralibéralisme. Considérer superflu, là, maintenant, cette présidentielle permettant de bousiller l'accélérateur pour passer radicalement à autre chose, même imparfaitement, voilà bien des réflexes de puristes n'en ayant rien à péter de la majorité des exploité.es. L'anarchisme oui, mais pas les yeux bandés. Sinon ça reste de la littérature.

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    1. vous devriez davantage vous crisper sur la candidature potentielle de Roussel. Les anarchistes n'ont jamais joué un rôle dans les élections et ce n'est pas maintenant que ça va changer. Sinon, prétendre qu'on en a rien à péter des exploité.es, ça, je ne l'accepte pas. Pour le reste, c'est votre avis, que je ne peux que respecter. David

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    2. J'arrêterai là, mais quand même :) "vous devriez davantage vous crisper sur la candidature potentielle de Roussel" (mais cela est le cas, figurez-vous), "Les anarchistes n'ont jamais joué un rôle dans les élections et ce n'est pas maintenant que ça va changer"… OK, alors pourquoi se "crisper" ici sur l'appel de certain.es à soutenir la FI et Mélenchon ? Et n'intervenir sur ce blog que sur cette candidature ? Là, on cherche la motive réelle, avouable ou pas…

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