Tout comme un PCF fossilisé, Maxime Paul est un très, très vieux militant (1). À son actif, on peut lui reconnaître une continuité dans son ancrage à une gauche productiviste et dirigiste, une ténacité électorale à exister en deçà de 1,5 % (2) des suffrages exprimés, ainsi qu'une fidélité inoxydable au Parti Socialiste. Cela exposé, on doit tout de même s'interroger à propos des raisons pour lesquelles il se retrouve à être le binôme de la tête de liste des partis, Marlène Le Meur (PS), pour les élections municipales à Plougastel-Daoulas.
En effet, si en 2016 l'éternel militant communiste annonçait dans un communiqué être un "atout en accompagnant une agriculture et une industrie agroalimentaire responsable écologiquement et socialement", son passage au poste de vice-président chargé de l'eau et de l'assainissement à Brest Métropole Océane, son bilan sur la responsabilité "écologique" des industriels, comme ses résultats visibles sur l'assainissement à Plougastel-Daoulas, se limitent à l'épaisseur d'un papier A4. Pour une simple et unique raison : dire qu'un communiste est un écologiste relève de l'oxymore. En plus d'apparaître tardivement dans le discours communiste français, l'écologie doit être avant tout pensée comme "une écologie de production". À vrai dire, l’écologie revendiquée par certains responsables communistes demeure contradictoire avec l’héritage productiviste du communisme.
La première vocation d’un communiste est le maintien d’un tissu industriel de production dans le but d’assurer l’accès à l’emploi au plus grand nombre (principe d'un concept de l'émancipation). La garantie de ce travail industriel doit passer par le développement de l’outil de production sur le territoire. Du fait de ses responsabilités au sein des Eaux du Ponant (société publique locale) (3), Maxime Paul a été un atout sans faille pour les industriels et l’extension de leurs serres de production de tomates à Plougastel.
Sa signature, apposée au bas des autorisations dans le cadre du Spanc, notamment dans le cas des extensions des serres du Cosquer–Saint-Jean, comptabilisant aujourd’hui 14 ha de sols artificialisés sur le bassin versant de l’Elorn, le confirme. Pour un responsable de la gestion de l'eau, les résultats sont rapidement visibles avec un déversement continu et volumineux des eaux rejetées par les serres dans l'Elorn, tout proche, dès 2013. À minima, La régie dispose de mécanismes de contrôle techniques, mais ceux-ci restent largement insuffisants pour répondre aux enjeux environnementaux posés par l’extension des serres industrielles. En a-t-elle abusé ?
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| Serres industrielles contruites sur un remblai illégal équipé d'un bassin de rétention sous dimensionné. Photo 2013 |
Concernant l'assainissement sur la commune de Plougastel-Daoulas, on se contentera d'un constat d'une simplicité désarmante : aucun impact particulier durant toute la période de son mandat, pas même dans l'épaisseur d'une feuille de papier toilette. La station d'épuration de Kerziou, au-dessus de l'anse de Lauberlac'h, site sensible, aurait peut-être dû faire l'objet de contrôles réguliers et d'un entretien tout particulier des Eaux du Ponant, à voir son état délabré des dernières années. Toutefois, il aurait été instructif de savoir ce que pensait le militant communiste sur l'installation des micro-stations d'épuration en lien avec la phytoépuration.
Pour les élections municipales de mars prochain, l'examen des professions de foi donnera une vision plus éclairée des objectifs écologiques des candidats en lice lors de cette campagne électorale. Cependant, autant on connaît les positionnements de certaines listes sur le projet de zone d'aménagement de Ty ar Menez III (12 ha de terres agricoles détruites), autant on peut rester perplexe sur les prises de position de Maxime Paul, vieux compagnon de route de l'élu sortant socialiste, Stéphane Le Gall, présent lui aussi sur la liste de Marlène Le Meur. Ce dernier s'est déjà prononcé favorablement sur l'arasement de 12 ha et l'artificialisation des sols pour qu'émerge ce projet. Au regard de la manière dont la gestion des eaux pluviales est traitée avec rigueur sur la commune, on peut s'inquiéter pour la quiétude du hameau si bien nommé : l'Île, situé en contrebas du projet de TAM III, s'il se concrétise.
(1) Article "Brest Maville" de novembre 2016. https://brest.maville.com/actu/actudet_-pour-la-6e-circonscription-du-finistere-le-pcf-choisit-maxime-paul_6-3091104_actu.Htm?utm_source=chatgpt.com
(2) Législatives 2017 – 6ᵉ circonscription du Finistère
📌 Maxime Paul (Parti communiste français – PCF)
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1ᵉʳ tour : 711 voix, soit 1,40 % des suffrages exprimés






Je viens de le lire, il est top ! Franck
RépondreSupprimeréclairant en effet !
RépondreSupprimerPar la suite, il faudrait être attentif aux orientations engagées si cette liste devenait majoritaire au conseil municipal. Avec, en seconde position un pro industrie, une industrie avec un fort rejet de CO2 et une mainmise hégémonique sur les ressources eau, il y a matière à ne pas les soutenir. L'auteur
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