Partie I. De la domestication du capital vers une souveraineté heureuse
https://dderrien.blogspot.com/2026/02/de-la-domestication-du-capital-vers-une.html
La domestication contemporaine du capitalisme repose sur des mécanismes à caractère révolutionnaire. Si elle devait se concrétiser, elle s’appuierait sur deux leviers complémentaires pour saisir le capitalisme en étau et en extraire un jus fertilisant et redistributif, capable de ruisseler vers l’économie réelle.
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| Dessin : Dom' Legeard ou Lidwine |
Les réserves phénoménales accumulées dans les pôles d’attractivité financiers auraient dû éveiller l’indignation des peuples européens. Pourtant, ceux-ci participent, directement ou indirectement, à cette accumulation de richesses toujours croissante :
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Masse financière gérée professionnellement en Europe : 33 000 milliards d’euros (1)
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Actifs bancaires de l’Union européenne : ~28 000 milliards d’euros (2)
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Fonds de pension dans la zone euro : plus de 3 000 milliards d’euros
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Réserves des banques centrales : ~6 400 milliards d’euros (3)
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Réserves d’épargne des ménages européens : ~35 000 milliards d’euros (4)
Ces chiffres montrent l’urgence de mobiliser à la fois les initiatives locales et l’action européenne pour encadrer et orienter le capital.
L’économie locale contient déjà des germes de cette domestication. Trois exemples suffisent :
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Les Scop, qui consolident des activités artisanales et commerciales (bâtiment, commerce spécialisé, etc.). On pourrait également mentionner le travail des coopératives intégrales.
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Les banques coopératives, comme le Crédit Coopératif, la Nef ou certaines branches du Crédit Mutuel, qui offrent des alternatives au système bancaire traditionnel. (5)
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Les énergies renouvelables et autonomes, à l’exemple d’Enercoop régionalisée, ainsi que des secteurs tels que l’agriculture, le logement (rénovation, construction semi-collective) la pêche, le transport ou le recyclage.
Ces poumons économiques à taille humaine, structurés selon des pratiques vertueuses, se regroupent déjà au sein de l’Économie sociale et solidaire. Ce n’est pas de l’utopie : les bases existent pour contrecarrer la puissance hégémonique du marché. Accolée à ces bases, la généralisation de l'usage de monnaies locales amplifierait l'action de sortie du monopole monétaire permettant de contrôler les évasions fiscales et détruire l'argent sale.
Pour amplifier ces secteurs, l’échelon européen est indispensable. Il mettrait en œuvre des politiques offensives sur la fiscalité et le contrôle des capitaux, aujourd’hui largement orientés vers la dérégulation, la spéculation, l'enrichissement de quelques uns et le conservatisme financier. Ainsi, les actifs captés seraient réinjectés dans des activités à visée sociale (santé, solidarité) et écologique, transitant via des banques coopératives.
Mais une première difficulté vient du nationalisme, exacerbé par son ambition étriquée de diriger les États-nations. Cette ambition freine toute création d'un échelon fédéral et bloque l’imposition d’une vision politique commune au niveau européen.
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| Dessin : Dom' Legeard ou Lidwine |
Une fois ce nationalisme contenu, une révision des traités européens serait nécessaire pour habiliter les institutions à réguler les capitaux circulants. L’objectif : doter l’Europe d’outils fiscaux et juridiques efficaces. Ces outils devraient être conçus de manière discrétionnaire pour contrebalancer le pouvoir des acteurs financiers, dont les décisions échappent largement au consentement démocratique.
La domestication du capitalisme ne peut donc réussir ni par le seul local, impuissant face à la mobilité du capital, ni par le seul supranational, illégitime sans ancrage social. Elle suppose l’articulation des deux : un local producteur de pratiques responsables et une Europe capable de contraindre et réguler. C’est dans ces conditions que l’étau peut se refermer et atteindre dans la transition, la souveraineté heureuse.
À une autre époque révolue, les milieux révolutionnaires (syndicalistes et libertaires) et/ou communistes formulaient des théories et s'organisaient dans l'objectif de l'expropriation des unités de production, en s'appuyant sur une présence centrale et autoritaire de l'État-nation. La domestication du capital est un intermédiaire démocratique entre un processus de réforme et une volonté révolutionnaire et, dès le départ, elle cherche à éradiquer ce rôle central.
NB : ce texte n'est le fruit que d'une réflexion personnelle. De nombreuses questions restent à traiter. Très justement, les Masaaï pensent qu'un seul cerveau ne peut pas tout régler :
Comment accéder au pouvoir institutionnel ? Par quelles majorités ? Dans quel cadre électoral ?
Comment définir juridiquement les « outils discrétionnaires » et la stratégie politique d’accès au pouvoir européen.
Comment intégrer explicitement la dimension écologique au cœur du modèle économique proposé.
| Décès supplémentaires | 2 500 – 5 000 (part de mortalité liée à l’accès restreint aux soins et au stress) |
| Années de vie perdues | 100 000 – 200 000 YLL* |
| Suicides | ~10–15 % de l’augmentation totale observée 2010–2015 |
| Malnutrition et troubles chroniques | Affecte 5–10 % de la population active et enfants vulnérables |
* Years of Life Lost”, en français “années de vie perdues”
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Plafond de retrait :
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60 € par jour
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puis 420 € par semaine
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Interdiction de transferts de capitaux à l’étranger, sauf dérogations
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Blocage des virements internationaux
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Gel partiel des comptes bancaires
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Paiements transfrontaliers soumis à comités d’autorisation




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