« Gut gemacht ! » C'est par ce tweet publié sur son réseau social X qu'Elon Musk a salué la victoire du parti néofasciste, l'AfD, aux élections régionales de Saxe-Anhalt, en septembre 2026 (1). Au-delà du séisme provoqué par ce résultat, et face à l'idéologie nauséabonde portée par les partisans de l'AfD dans leur programme — de la « remigration » ou de la "séparation des élèves selon leur statut migratoire", autrement dit la ségrégation ethnique à l'école —, il devient essentiel de s'interroger sur la médiatisation et la tolérance dont bénéficient les comportements ostentatoires de l'homme « le plus riche du monde » de la part des élites politiques, médiatiques et économiques. Plus largement, l'adhésion de chacun, au quotidien, à travers ses propres choix de consommation, mérite elle aussi d'être questionnée.
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| Est-ce le salut d'un nazis ou d'un populiste ? |
Lors d'un rassemblement célébrant l'investiture de Donald Trump à Washington en janvier 2025, Elon Musk, sur scène, a porté la main à sa poitrine puis tendu le bras droit vers l'avant, paume vers le bas, avant de répéter ce geste en direction du public derrière lui. Des critiques l'ont immédiatement comparé au salut nazi. Face à la vive polémique soulevée, le milliardaire a contesté ces attaques, affirmant qu'il ne s'agissait nullement d'un hommage au Troisième Reich. Après avoir, à plusieurs reprises, affiché publiquement son soutien aux partis d'extrême droite en Europe, comment ignorer désormais les sympathies d'Elon Musk avec les néofascistes allemands ? Comment ne pas voir le lien entre ce salut et son tweet de félicitations, presque triomphant ? Dès lors, les élites décrites plus haut, tout comme le consommateur en général, devraient se démarquer des positions de cet homme si influent, voire condamner fermement son orientation xénophobe, incontournablement suprémaciste blanche.
Affirmer que la porosité entre le capitalisme et le fascisme, par l'entremise des États, n'a rien d'anecdotique et n'est pas nouveau : l'histoire récente des conflits mondiaux en offre déjà des précédents. Or, alors que cette histoire nous rappelle avec insistance le cataclysme que représente l'accession de l'extrême droite au pouvoir, quelles réactions les représentants politiques et industriels européens ont-ils eues envers ceux qui portent en eux les germes de la haine raciale et de la domination économique, à l'image d'Elon Musk ? En dehors de la réponse enthousiaste du candidat de l'AfD à Musk sur X, aucune réaction directe et à la hauteur de l'enjeu ne semble avoir été formulée par les chefs d'État européens ou par la Commission européenne pour condamner explicitement ce soutien.
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| Aux USA, il y a une extrême tolérance à l'ignominie |
« Faire barrage » à l'extrême droite ne doit pas se limiter à des déclarations d'« inutilité publique » ni à un quelconque « élan républicain » de circonstance lors des élections locales ou nationales. Il faut s'employer, sans attendre, à éradiquer toute menace néofasciste, même masquée. Cela devrait commencer par le refus de la présence d'Elon Musk dans les sommets économiques internationaux, ou du moins européens ; par des annonces officielles des responsables politiques prenant leurs distances avec ce soutien affiché à l'AfD ; par le boycott de produits manufacturés comme ceux de la marque Tesla ou le désabonnement à X. Sinon, il est vain de déclarer la situation préoccupante (2) sans agir, car tous ces acteurs participent, par leur inaction, à la banalisation de la présence de l'extrême droite jusque sur les plateaux de télévision. À quand un sommet européen des chefs d'État pour exclure les investissements des sociétés d'Elon Musk comme Space X de la zone euro ? Il est temps de ne plus se contenter de réclamer des pénalités aux multinationales qui s'affranchissent des règles, comme les GAFA.
Face à l'extrême droite, il n'y a qu'un seul mot d'ordre : tolérance zéro. Sinon, même par leur silence, les démocraties européennes participent à la banalisation des discours et des signes de soutien, et à la normalisation des politiques néofascistes sur le continent. Ce message de rejet serait-il suivi d'effets ? Face à la puissance financière et industrielle d'Elon Musk, on peut déjà en anticiper les conclusions : il n'y aura pas de consensus contre lui, ni par un sursaut des consommateurs, ni par désobéissance civile critique, ni par une condamnation des États. Si la percée du néofascisme allemand inquiète, il est tout aussi inquiétant de laisser Elon Musk continuer de peser sur le monde économique, motivé par des objectifs hégémoniques et impérialistes.
(1) France info. Publié le 06 septembre 2026 https://www.franceinfo.fr/monde/europe/allemagne/direct-elections-regionales-en-allemagne-les-bureaux-de-votes-sont-ouverts-en-saxe-anhalt-ou-l-extreme-droite-est-favorite_8179493.html
(2) France 24. Publié le 07 septembre https://fr.euronews.com/my-europe/2026/09/07/victoire-de-lafd-en-saxe-anhalt-les-reactions-de-la-classe-politique-francaise?utm_source=chatgpt.com
Le Monde. Publié le 07 septembre https://www.lemonde.fr/international/live/2026/09/07/en-direct-elections-regionales-en-allemagne-apres-la-victoire-de-l-afd-en-saxe-anhalt-le-spd-reproche-au-chancelier-une-rhetorique-nefaste-qui-a-cree-de-l-inquietude-et-de-la-mefiance_6767342_3210.html?utm_source=chatgpt.com



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