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jeudi 10 octobre 2013

Les acariâtres

On connaissait les acariens, petites araignées microscopiques, dont l'allergie postillonante nous oblige à utiliser un certain nombre de kleenex. On connaissait aussi les acadiens, et leur célèbre chanson. Mais on connait moins les acariâtres. 
De façon spectaculaire, les acariâtres pullulent à Plougastel-Daoulas, l'origine de ce phénomène restant encore indéterminée par les chercheurs. Toujours est-il qu'ils prennent le plus souvent la forme d'un bataillon d'instituteurs(trices) ou de professeurs, de préférence à la retraite.
Ils ont comme hobby l'écologie. Leur déformation professionnelle les emmène à considérer les agissements de votre dédé l'Abeillaud préféré (je dois soigner mon écolocentrisme) comme inappropriés et perturbent le bon déroulement de leur classe. Ils me voient comme le pitre du groupe d'élèves, dont la proportion à la déconnade n'est que la démonstration d'un état avancé de stupidité. Si accidentellement, ou pas, (de toute façon à leurs yeux vous serez toujours un suspect) vous tachez à l'encre noire votre joli cahier à grands carreaux (les plus vicieux d'entre eux imposent les petits car plus difficile) ils appliquent le principe de l'écologie punitive, la CCCP, la Contribution climat contre le peuple ou la taxe carbone : "Mr l'Abeillaud vous répondez ? Allez hop ! A la portique et chez le directeur !".
Certainement n'ont ils pas compris que la dérision et le burlesque sont des formes d'expression artistique libre? Comment pourraient-ils d'ailleurs le comprendre; ils sont fades et sentent la craie. Leur attitude hautaine est austère, il n'y a rien de sexy dans leur écologie. C'est comme une matière à enseigner, elle doit être apprise de façon martiale et ne pourrait faire l'objet de remarques impertinentes. Leurs cours ne ressemblent en rien à un cours d'eau limpide et paisible. Leur autorité ne pourrait être remise en cause, c'est eux qui savent. 
J'ai déjà assisté à une de leurs réunions dans la salle des profs. C'est vrai que le power point est géométrisé, coloré de bleu et de rouge, que les sujets sont bien documentés. Ça y a rien à dire, on sent la rigueur; pas de manifestation ostensible pendant que l'un d'eux prend la parole. 
A proprement parlé ils ne sont pas constitués en syndicat. Ça ressemble plutôt à une cellule dormante qui s'agite à quelques mois des élections municipales. Les acariâtres ne se sentent pas très à l'aise dans l'activisme. Ils préfèrent roupiller tout au long de l'année dans leur habitat à basse consommation, comme eux, et fabriqué à partir de matériaux vertueux, comme eux.
Ils se réveillent finalement pour faire de "l'écologie politique". Là encore rien de sexy. L'écologie ça emmerde et la politique ça pue. Associés ces 2 mots agissent comme un répulsif. Je préfère de loin l'écologie populaire mais je ne m'éloigne pas des acariâtres car ils m'accuseront d'être hors sujet. 
Les acariâtres n'ont pas de domicile politique fixe. Pour les élections de 2014 à Plougastel-Daoulas ils ont choisi comme tête de liste un homme du centre droit, type UDI ou mieux type Hervé Morin, ancien ministre des armées de Sarkozy. Je me passerai de commentaires.
Pour finir je leur suggère de continuer à faire leurs herbiers et à crapahuter dans les champs pour faire l'inventaire d'espèces protégées comme le bousier du tinduff. Ils seront plus utiles à la biodiversité et vivement qu'ils aillent de nouveau se recoucher dans leur maison de paille !



vendredi 9 août 2013

d'autres le disent : face aux pesticides le combat continue

Bordeaux Gazette : Journal d'information en ligne Bordeaux et CUB


Face aux pesticides le combat continue


Les firmes agrochimiques ont réussi à imposer à Bruxelles une gigantesque escroquerie aux pesticides, exercée aux dépens des abeilles, de la biodiversité... et de tous les citoyens qui se battent depuis des années pour faire interdire les pesticides « tueurs d’abeilles » en Europe et dans le monde ! Après des années de lutte acharnée des citoyens et des apiculteurs, la Commission européenne s’est officiellement décidé à interdire 3 pesticides néonicotinoïdes extrêmement dangereux pour les abeilles.


Les associations ont crié victoire et baissé la garde
AbeillesLe compromis que devrait adopter Bruxelles est en réalité un plan désastreux imposé par les multinationales agrochimiques comme Bayer, Syngenta et compagnie, qui mènent depuis des mois et des mois un lobbying effréné et extrêmement agressif pour arriver à ce résultat dont l’Objectif est de contrer la volonté des citoyens européens et empêcher l’interdiction RÉELLE des pesticides tueurs-d’abeilles, malgré les recommandations expresses des autorités sanitaires françaises et européennes... Pour sécuriser les centaines de millions d’euros de profit annuel que ces produits rapportent aux grosses firmes qui les produisent ! Officiellement, les 3 pesticides les plus dangereux seront interdits pour une durée-test de deux ans à l’issue de laquelle les autorités sanitaires contrôleront si l’interdiction a mis un terme au massacre des abeilles, et s’il faut ou non interdire définitivement les néonicotinoïdes. Or, cette soi-disant interdiction n’aura aucun effet sur la santé des abeilles !

En fait, les 3 pesticides tueurs-d’abeilles seront interdits seulement quelques mois par an
Largement utilisés tout le reste de l’année - sur près de 85% des céréales, et sur une grande partie des cultures de fruits, légumes et herbes aromatiques - ils empoisonneront largement les sols et l’eau absorbés ensuite par les cultures soi-disant « non-traitées ». De nombreuses études ont montré que ces substances ultra-toxiques peuvent rester présentes dans le sol jusqu’à trois ans après, et que les cultures non-traitées replantées sur le même terrain révèlent des traces de néonicotinoïdes jusque dans leur pollen... que viennent ensuite butiner les abeilles ! A la fin de la période-test de deux ans, les multinationales pourront prouver que les abeilles continuent d’être décimées malgré la soi-disant interdiction de leurs produits, et qu’ils n’y sont pour rien. Ils auront réussi à blanchir leurs pesticides et à maintenir leurs profits - et pour longtemps ! C’est un plan diabolique, qui promet un désastre environnemental sans précédent. D’ici quelques jours, la Commission européenne se prononcera sur la version définitive du règlement européen concernant ces 3 pesticides tueurs d’abeilles.

Si rien n’est fait, voici ce qui va se passer dans les 2 prochaines années
- les pesticides néonicotinoïdes continueront à être utilisés pour les cultures d’hiver, imprégnant ainsi durablement les sols et l’eau...
- les cultures de printemps et d’été ’non traitées’ seront infectées par les résidus de ces pesticides, et empoisonneront les abeilles...
- la mortalité massive des abeilles ne déclinera pas, malgré la soi-disant ’interdiction’ des néonicotinoïdes
- Syngenta, Monsanto, Bayer et tous les laboratoires agrochimiques pourront à loisir clamer que leurs produits n’ont rien à voir avec la mortalité des abeilles, et obtenir leur réhabilitation totale sur le marché. Et là, il ne nous restera plus que nos yeux pour pleurer… Il faut tuer dans l’œuf ce plan démoniaque, et exiger de la Commission européenne qu’elle interdise purement et simplement ces pesticides tueurs d’abeilles, comme elle prétend le faire d’ailleurs ! Pas de compromissions, pas de petits arrangements... Si l’on doit faire un test de 2 ans pour évaluer réellement l’impact de ces pesticides sur les pollinisateurs, alors allons-y franchement ! Les agriculteurs eux-mêmes n’auront rien à y perdre car d’après l’INRA, on pourrait réduire rapidement la consommation de pesticides en France de 30 à 40 % - sans aucune perte de revenus pour les agriculteurs - en revenant simplement à un système de rotation des cultures qui permettrait de combattre efficacement les parasites en réduisant durablement l’usage des traitements chimiques. Ça représente tout de même, pour la France uniquement, plus de 20 000 tonnes de substances ultra-toxiques déversés chaque année en pure perte dans nos campagnes ! En fait, les seuls qui seraient ébranlés, ce seraient les chiffres d’affaires des géants de l’agrochimie... Mais la Nature n’a que faire de leurs profits !





















mercredi 17 juillet 2013

Suspension de néonics : l'avis d'apiculteurs

La décision récente de la commission européenne de suspendre l'usage de 3 insecticides néonicotinoïdes pour 2 ans, car reconnus comme facteurs déterminants dans la mortalité des abeilles, a suscité de nombreuses réactions et commentaires par des ONG environnementales ou par des organismes agricoles accrédités. Mais en dehors de l'Unaf, rappelons le, qui regroupe une majorité d'apiculteurs amateurs, moins impactés par des situations endémiques catastrophiques, il y a une voix que l'on entend moins, c'est celle des apiculteurs professionnels. Et si on tend l'oreille, on entend ceci : "C'est du pipeau !", s'époumone Alain DAVID, ancien apiculteur bio d'Argol (400 ruches), co-fondateur de la Ffap (1) ; "Il y a une lassitude" constate José NADAN (500 ruches), représentant du syndicat des apiculteurs professionnels en Bretagne. "Dans les années 90, nous étions les premiers à alerter sur les conséquences de l'usage de semences enrobées sur les pollinisateurs. Les firmes qui fabriquaient ces semences affirmaient qu'elles n'étaient pas toxiques pour les abeilles". 15 ans après, le monde professionnel apicole en Bretagne est en berne et désabusé, car dans l'immédiat l'hécatombe continue dans les ruchers et que tous les indicateurs de stabilité sont encore dans le rouge et certainement au-delà de ces deux prochaines années. "Ce qui complique la donne, c'est que le blé comme l'orge ne sont pas concernés par les interdictions et sont encore traités avec le gaucho" ajoute Alain David; le gaucho premier ennemi de l'abeille, d'une longue liste de nuisibles chimiques.
En compagnie d'Alain David lors d'une récolte de miel dans la vallée du restic à Brest
Par ailleurs, c'est au début du printemps que la mortalité est la plus élevée lorsque les abeilles consomment le pollen toxique de maïs cruiser stocké dans les ruches situées à proximité des parcelles. Couplé à des conditions climatiques perturbées, l'éclosion de nouveaux essaims se raréfie, entrainant une chute de la production de miel et au final une fragilité économique. "Les maïs 2013 ne sont pas encore fleuris. Ces intoxications dureront encore pendant 2 ans et la suspension de ce même cruiser s'arrête dans 2 ans ! Tout est faussé" s'insurge Alain.

Interdiction de toutes les semences enrobées
Les apiculteurs s'accordent tous pour demander l’interdiction totale de la commercialisation en France des insecticides systémiques. En effet, l'autorisation de certaines cultures n'enlève pas la contamination dans le sol de substances qui peuvent être rémanentes jusqu'à 2 à 3 ans. L'exemple du gaucho (imidaclopride) sur orge est évocateur. "Lors de la rotation des cultures, si tu mets par exemple de la moutarde derrière de l'orge, le gaucho présent encore dans le sol  va accompagner le plant de moutarde durant sa croissance" explique José. En fleurs, l'abeille viendra butiner la moutarde et sera intoxiquée.
Autre cas de figure le cruiser (thiaméthoxame) de Syngenta. Le cruiser ne concerne pas que le tournesol ou le maïs mais aussi des plants comme le petit pois. Sur des secteurs où son exploitation est massive pour répondre aux besoins industriels de la conserverie ou de la surgélation, les butineuses sont exposées car elles y collectent du pollen. Mais à juste titre l'attention est davantage portée sur le maïs car culture omniprésente dans nos campagnes. Concernant la toxicité du cruiser, José prend l'exemple suivant : "un grain de maïs, un seul, balancez le dans une cuve de 5000 litres d'eau, vous atteignez une contamination de 0,126 microgramme/litre, soit au-dessus de la norme européenne de 0,1 microgramme/litre pour l'eau potable".  Semé à 100 000 grains/hectare, le potentiel de contamination d'un ha de maïs Cruiser correspond donc à la contamination potentielle d'un demi milliard de litres d'eau à 0,126 microgrammes/litre. Une partie de ce thiaméthoxame arrivera inéluctablement à notre robinet car hyper soluble dans l'eau.
Intoxication par les poussières
Donc, nous avons 2 plantes, l'orge et le maïs, hyper toxiques à cause de l'enrobage, dont la teneur en pesticide est tellement concentrée qu'elles polluent le sol et son biotope, pour plusieurs années, intoxiquant l'abeille, à tel point que sa mortalité est foudroyante. Mais est ce que le constat s'arrête là ? N'y aurait-il pas d'autres conséquences à déplorer ? "Comme l'enrobage est collé aux graines de maïs, les agriculteurs ont obligation de tracter des semoirs automatiques qui auraient toutes les caractéristiques techniques avantageuses d'éviter la propagation dans l'atmosphère des poussières dégagées lors des semis. Or ils ne sont efficaces qu'à 50 %" avance l'apiculteur du Faouët. Phénomène de rejet de poussières que l'on observe également lors du battage de l'orge ou du blé. La poussière alors non confinée se disperse dans l'environnement. La propagation se fait par l'air et à fortiori ne se limite pas à l'obstacle que peut représenter un bois ou une forêt aux alentours. Il y a donc fort à parier que, en dehors des agriculteurs, premiers exposés, tout individu peut être concerné par la contamination résiduelle de pesticides. D'ailleurs José s'étonne du silence des associations de consommateurs sur le sujet alors que des traces de résidus chimiques ont été constatées sur des légumes (courgette, tomate...). "On admet que la dose létale 50 est une mesure au-delà de laquelle 50 % des individus meurent suite à l'exposition à une substance toxique". Plus la dose létale est faible, plus la substance est toxique. En comparaison ce seuil est 5000 fois moindre pour la thiaméthoxame que pour le DDT, produit lui interdit depuis longtemps. 

Le dernier rapport de l’Inserm (2) confirme d'ailleurs des « présomptions fortes ou moyennes » de lien entre l’exposition à des pesticides et le cancer de la prostate, myélomes multiples, leucémie, Parkinson, Alzheimer, divers troubles cognitifs et des impacts sur la fertilité et fécondabilité.  

Cela doit conduire à une action publique forte et rapide en matière de réduction de l’usage des pesticides et la mise en place de mesures de surveillance alimentaire pour protéger les populations. Il ne serait pas  disproportionné d'affirmer que nous allons au devant de révélations sanitaires graves.

 (1) (Fédération française des apiculteurs professionnels)
(2) (Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale)

Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...