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samedi 10 mai 2014

March against Monsanto - Guingamp

Le 24 mai prochain sera l'occasion de rejoindre les manifestations organisées à travers le monde pour dénoncer les activités illicites de Monsanto. Si l'appel vise principalement à informer sur les risques sanitaires liés à la présence des OGM dans l'alimentation et l'environnement, Monsanto bâtit également son empire financier sur la commercialisation  de produits phytosanitaires, dont le plus célèbre et funeste d'entre-eux, le round'up.

L'objectif du rassemblement de Guingamp est donc de faire converger les préoccupations liées à l'usage par les industries agricoles, les particuliers et les agriculteurs des pesticides et d'informer sur leurs effets néfastes (santé, eau, environnement,...).

A savoir que la France reste le premier pays en Europe à favoriser une agriculture fortement consommatrice de pesticides avec un peu plus de 100 000 t de produits déversés chaque année. 

Plus de 1000 médecins alertent aujourd'hui sur cette sur-abondance chimique et apportent des éclairages sur les liens entre l'exposition à des pesticides et des pathologies professionnelles, telles que les cas des anciens salariés de Triskalia, intoxiqués sur leur lieu de travail.

C'est une fumisterie de croire que l'action des pesticides se limite à la destruction ciblée d'un organisme vivant. L'exposition aux produits est généralisée et affecte aussi notre santé : il est quand même inquiétant de constater que des résidus de glyphosate du fameux round'up soient retrouvés chez des personnes qui ne l'ont jamais utilisé...

Depuis plus de 50 ans la course au productivisme agricole qui va de paire avec la commercialisation de multiples molécules chimiques ne peuvent épargner notre propre organisme et perturbent profondément son fonctionnement. Il faudrait appeler de nos vœux que soit constitué au niveau international un tribunal pénal, avec une cour indépendante, pour que Monsanto et consorts soient condamnés pour crime contre le Vivant.
 


A ce jour  les associations environnementales / syndicats / organisations de luttes présentes sont : Alerte à l'Ouest, Eaux et rivières de Bretagne, Solidaires 22, Confédération paysanne 22, Ingalañ, (en attente Attac 22). Une réunion de préparation a eu lieu au restaurant le Cessonnais à Saint-Brieuc. Elle accueillait à la fois des individuels mais également des représentants des organisations citées ci-dessus.

Inscription possible sur facebook : https://www.facebook.com/events/640873592646002/?fref=ts

Contact : David ou dédé l'Abeillaud 06 71 88 76 14 ou Anna 06 86 32 87 48 (bretonnante)

Infos pratiques et plan : départ 15 H du stade du Roudourou. Retour au même lieu. La marche sera ponctuée de visites ou intrusions citoyennes dans des lieux ciblés afin d'informer les personnes présentes (tractage). 


Invitation : Pour clore cette journée militante, le Comité breton de soutien aux faucheurs volontaires d'OGM organise une conférence gesticulée et un concert à Kergrist-Mouëloù toujours dans les Côtes d'Armor.







jeudi 1 mai 2014

Pollution à Cléder : ça coule de source

"Dans ce ruisseau, la coloration de l'eau était rouge, à priori, suite à un rejet accidentel des serres de plants.
Eau de ruisseau rouge. Les serristes ne sont pas tenus à un plan d'épandage
Mais ce qui l'est moins c'est cette eau mousseuse suspecte qui sort des tuyaux pour s'écouler dans le bassin de rétention". Ces propos sont tenus par Jean-Claude Berrou, paysan de Cléder. "J'ai prévenu le maire, Gérard Danièlou, que le bassin était construit sur une source, mais je n'ai pas été entendu."

Jean-Claude représente la 3ème génération d'agriculteur, installée au lieu-dit "feunteun ar c'hefeleg" (la fontaine de la bécasse) à Cléder. Il assure la relève à partir de 1990 sur cette exploitation de 12 ha. Depuis plusieurs décennies, culture d'artichauts et culture de choux fleurs se succèdent sur la ferme, au gré des ventes au marché au cadran de la Sica. Quelques crises cycliques des cours des prix des légumes viennent secouer cette terre léonarde insipide et sans aspérités, au cœur de ce qu'on appelait auparavant "la ceinture dorée". Ces crises se manifestent de façon pacifique, soit par un embouteillage, aux rond point à l'entrée de Saint Pol de Léon, d'un amoncellement putréfiant de choux fleurs, ou de façon plus spectaculaire, par un embouteillage aux abords du pont du viaduc de Morlaix, par le barrage de plusieurs tracteurs.
Le début des années 90, c'est aussi l'apparition des premières serres autour de feunteun ar c'hefeleg. Celles-ci totalisent, 25 ans après, plus de 15 ha de surface en verre, ce qui fait réagir Jean-Claude : "cette promiscuité des serres avec des habitations et des points d'eau (ruisseaux et source) posent problème".
Entretemps, l'exploitant agricole fait le ménage dans ses pratiques agricoles "On a le même rendement sur l'artichaut avec ou sans traitements, et j'ai remplacé le chou fleur par ce qu'on appelle des légumes "anciens", rutabaga, navet et radis noir". Chaque culture subit un seul traitement de désherbage, puis est recouverte d'une bâche blanche pour se prémunir de l'assaut des mouches. Quant à l'artichaut, le traitement est ciblé (puceron) ce qui évite un épandage total et excessif sur tout le champ. Pour assurer la rotation des cultures, Jean-Claude prévoit des céréales et plante un peu de maïs pour l'ensilage.
Emplacement de la source. Avant...
En connaissance de cause, Jean-Claude assume un changement raisonné et tourne le dos à plus de 50 ans de productivisme agricole. Dans le paysage du Haut-Léon, hormis quelques îlots en agriculture biologique, le paysan se retrouve isolé, car l'extension des serres est le signe d'un expansionnisme agro-industriel en campagne, garantissant de l'emploi local, et fixant des familles dans ces communes rurales. Les élus ont bien compris ces enjeux. A tel point que le sacrifice d'un cours d'eau ou d'une source en vaut bien la chandelle et que de toute façon l'impact écologique ils en ont cure, tout comme des serristes qui, de surcroît, violent les règles en matière de construction.
...Après, au même endroit le bassin de rétention.
Car c'est bien ce qui se passe en 2007. Se considérant dans son bon droit, un producteur de plants entreprend d'agrandir ses serres sans attendre l'autorisation du permis de construire. Averti de l'aménagement d'un bassin de rétention en lieu et place d'une source, le maire de l'époque, Jean-Luc Uguen, refuse le permis de construire. Qu'à cela ne tienne. L'année suivante, le résultat des élections municipales déboute Jean-Claude Uguen de ses fonctions, remplacé par Gérard Daniélou, dont un de ses co-listiers n'est autre que... le serriste fautif. Le nouveau maire se presse alors de légaliser le permis de construire du serriste, siégeant lui comme conseiller municipal. Le tour est joué. Politiquement couvert, le producteur de plants peut utiliser le bassin de rétention pour recevoir les eaux s'écoulant des toitures. Sauf que les observations régulières de Jean-Claude font apparaître la présence d'une mousse, à la sortie des tuyaux, dont l'origine reste encore inconnue. Impossible de rester en faction toute la journée derrière la grille pour connaître l'ampleur du phénomène. Tout comme il est devenu inutile de s'adresser aux élus. L'agriculteur émet toutefois l'hypothèse suivante : les cagettes en plastique, utilisées pour les plants sont désinfectées dans une laverie attenante aux serres. L'accès limité au local et le soin apporté à la protection des salariés font penser que le désinfectant n'est pas anodin (à base d'ammoniaque ?). 
Bâtiment de Technosem
"Ce qui fait que ça mousse c'est qu'on a mis un "moussant" qui permet de vérifier qu'on a bien rincé les outils et qu'il n'y a plus de produit initial indésirable explique un militant, donc une eau contenant un moussant signifie qu'il y avait un produit non comestible et que tant qu'il y a de la mousse, c'est que la concentration de ce produit peut être nocive" prévient-il. Comment alors expliquer la présence de mousse dans ces eaux d'évacuation ?  La laverie est-elle équipée d'une cuve de récupération des eaux usagers ? Est-elle suffisamment volumineuse ? Difficile de se prononcer à défaut d'avoir des renseignements obtenus de l'intérieur. En tout cas, une certitude, cette solution n'a pas sa place dans un bassin de rétention, encore moins lorsque celui-ci se trouve au-dessus d'une source qui voyage jusqu'au rivage pour se jeter dans la mer, et, avec elle, une suspicion de pollution que les autorités locales tentent de camoufler.


Près du corps de ferme une zone humide





a été transformée en terrain d'entrepôt du matériel







 


Ci-dessous le lien vers la vidéo montrant le terrain avec le matériel (enregistrement en date d'avril 2014)

samedi 19 avril 2014

Comment les serristes nous enfument

Jean Tanné et sa famille s'installent à Plougastel-Daoulas en 1982, au Quillioù, petit hameau d'une dizaine de maisons, entouré d'un écrin de verdure, digne d'un roman de Zola. La vie du hameau est rythmée par le va-et-vient de chacun qui vaque à ses occupations ordinaires. L'étroitesse de la rue ne se prête guère au passage effréné du trafic, tout au plus des cyclistes égarés ou quelques tracteurs Massey-Fergusson des années 60, dont la longévité a fait la réputation de la marque. 
Les travaux de rénovation de la ferme et de ses dépendances accaparent les temps de repos des nouveaux propriétaires. Dans ce renouveau Jean y a laissé de la sueur et des économies. Au début, la vie s'organise dans la précarité, entre les tranches de travaux; il faut faire avec un pignon absent que l'on remonte sur son temps libre, et par où s'engouffre le vent dominant du sud-ouest qui se fiche lui du confort des habitants. Dans le même laps de temps le paysage aux alentours se transforme également, les hectares de serres avalent les prairies, utiles pour produire en masse des tomates et des fraises hors-sol. La vue aérienne est saisissante : le Quillioù finit pas être encerclé par un bataillon de serres, avec cette forme bien caractéristique des légions romaines.
L'agitation des lieux prend une nouvelle allure avec le passage des camions pour enlever les fameux sésames de Plougastel. Pendant 15 à 20 ans le développement de cette économie agro-industrielle marque de son empreinte la presqu'île de la commune, elle assure ainsi une prospérité bénéfique à tous. Elle enrichit avant tout les producteurs et leur coopérative, toujours plus envahissante. Jean pendant de longues années ne souffre pas du voisinage immédiat de ces serres implantées le long du talus. Jusqu'à ce début de l'année 2007. Jean-Claude Le Gall, propriétaire des serres adjacentes au terrain des Tanné et président à l'époque de Saveol, décide d'installer une chaudière à bois, certainement encouragé en cela par des subventions mobilisables pour ce type d'investissement. On aurait pu applaudir ce passage à utiliser une combustion plus noble, basée sur l'approvisionnement local, d'origine industrielle et moins polluante que le gaz, sauf que cette nouvelle méthode de chauffage occasionne de véritables nuisances pour les riverains.
Très vite l'atmosphère devient asphyxiante par les fumées rejetées de la cheminée, elles happent d'un sournois manteau blanc ou gris, ou gris sombre, les jardins dominés par ce maudit vent du sud-est. Jean suffoque. L'air est vicié et lourd, à tel point qu'il doit abandonner régulièrement le jardinage et se calfeutrer dans sa maison. Il se replie sous les toits pour éviter les maux de tête et les vertiges qui les accompagnent. L'apaisement est de courte durée car la chaudière, sous l'effet du crépitement des plaquettes de palettes toxiques, fait entendre son bourdonnement mécanique. Les décibels crachent même la nuit, enveloppant le champ laissé libre par les fumées. Inutile alors de penser au repos des corps et des esprits. La fatigue devient un compagnon, irritant certainement les pensées, déjouant la sérénité du foyer.
Ça ne peut pas durer... Jean entend bien raisonner son voisin industriel et lui demander des explications. Dans un premier temps Jean-Claude Le Gall semble prêter une oreille attentive aux doléances des riverains, car pour lors, la famille Tanné a été rejointe par les autres habitants du Quillioù. Il leur confesse que le bois stocké en plein air est partiellement insalubre, dégageant quand il le brûle des odeurs d'acétone, de trichloréthylène, mais dès que c'est possible le serriste se pliera aux normes en vigueur, promis et juré comme annoncé dans la presse.
le bois stocké à l'extérieur fermente sous l'assaut de la pluie
6 mois plus tard, les promesses ne sont toujours pas tenues. Jean, dans son corps défendant, continue à souffrir de l'intrusion des odeurs et des bruits. Les camions défilent dorénavant plus régulièrement, leur identification semble aléatoire et l'absence de sigle distinctif fait peser le doute sur leur contenant. Dans l'intervalle un agent de la DDASS intervient et constate dans le dépôt de bois broyé la présence de bois peints, traités, agglomérés. AE2D, association environnementale de la région brestoise, épaule les villageois. Le maire de l'époque qui est le même en 2014, Dominique Cap, veut se draper dans un rôle de médiateur. Le costume semble inhabituel pour lui, car il s'étouffe et se fourre dans le silence pour mieux approuver le comportement de Mr le Président de Saveol, principal pourvoyeur de main d’œuvre, et de taxes pour la commune. La visite inopinée d'un inspecteur de la DRIRE, relève que les analyses de gaz à combustion sont mauvaises, sans toutefois fournir plus de détails.
En 2008 Jean-Claude Le Gall est régulièrement averti des nuisances sonores et des fumées nauséabondes provenant de la chaudière. L'exploitant reste sourd aux accusations. Jean Tanné en profite pour faire un malaise et se rendre aux urgences. L'intoxication au monoxyde de carbone est une piste solide mais, faute de preuves, se dispersera dans le vent maudit du sud-est.
Sous la pression des médias locaux, Dominique Cap, le maire, finit pas faire intervenir le policier municipal. L'agent se place en faction dans la rue. Après 1/2 heure sur les lieux, il signifie qu'il n'a rien relevé d'anormales. Sans remettre en cause la probité du policier, on est en droit de s'interroger sur la mission de l'agent : n'aurait-il pas été plus efficace de rester toute la journée ?
En Février 2009 l’article du Ouest France met en lumière que, 2 ans après sa mise en service, la chaudière à bois de Mr Le Gall engendre toujours autant de désagréments. Le propriétaire se défend en affirmant que tous les contrôles sont « réguliers et impromptus. Tous les résultats sont conformes à la législation ». L’exploitant précise que le bois doit être stocké à l’extérieur pour le gorger en humidité alors que l’inspecteur de la Drire préconisait au contraire d’abriter le bois afin d’améliorer le pouvoir calorifique avec comme conséquence une diminution des volumes à brûler. Une visite (signalée?) d’un inspecteur de la Drire, en date du 26 Février, conclue que « l’établissement est actuellement exploité en conformité avec la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement ». L'exploitant peut sans ménagement faire toujours livrer du bois d'origine douteuse. L'impunité est inscrite depuis longtemps au fronton de la mairie de Plougastel.
Qu'en est-il en 2014 ? Après de sérieux problèmes de santé Jean Tanné reprend contact avec AE2D. L'association avertit le collectif "à quoi ça serre" qu'il s'apprête à interroger les têtes de listes aux municipales. même si le découragement a gagné le couple, Jean a intégré le collectif et compte bien montrer comment les serristes nous enfument.


















Vidéo : stock de bois prêt à l'emploi au Quillioù. https://www.youtube.com/watch?v=oX3oDGVq2PA

Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...