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jeudi 20 novembre 2014

Roundup Non Merci bloque les caisses du Carrefour

Communiqué du collectif "roud up non merci"
par Remi Filliau
Rosny-Sous-Bois, le 18 novembre 2014

La campagne Roundup Non Merci, contre la vente de Roundup à destination des jardiniers amateurs, prend de l'ampleur. Après plusieurs actions dans des magasins Castorama de la région parisienne et de Bretagne, les écologistes décident d’agir contre la vente de Roundup chez Carrefour, première chaine d’hypermarchés française. Les militants, après s’être rendus en caisse les caddies remplis de Roundup, ont demandé à rencontrer le directeur du magasin en bloquant plusieurs caisses. 

Les militants avaient pour but de demander à l'enseigne ce qu'elle compte faire pour stopper la commercialisation des pesticides avant la date fixée par la loi en 2022. Le responsable du magasin a exprimé sa compréhension de l’action des militants, tout en affirmant ne pas pouvoir déréférencer  le pesticide sans l’aval de Carrefour Monde. A l’heure actuelle, la politique de Carrefour est de sensibiliser les clients à la dangerosité du Roundup, tout en proposant des alternatives aux pesticides les plus dangereux. Pour les militants, une simple sensibilisation ne suffit plus face à la menace écologique et sanitaire que représente les pesticides, et il est temps de stopper ni plus ni moins leur commercialisation ! Un rendez-vous est pris courant décembre avec le département Développement Durable de Carrefour… 


La vente d'un produit aussi dangereux que le Roundup est totalement absurde, d'ailleurs plusieurs grands groupes l'ont bien compris puisqu'ils ne vendent plus ce produit pour protéger la santé de leurs clients. C'est notamment le cas de l'enseigne Botanic, mais également de Leclerc qui ne vend plus de pesticides dans 42 magasins en Bretagne. Castorama ne vend plus non plus de Roundup suite à plusieurs actions du collectif Roundup Non Merci dans son magasin de Crimée à Paris… Des études sans équivoque montrent que ce produit provoque des cancers, et des problèmes hormonaux graves. Notamment l'étude du professeur Séralini de l'université de Caen. De fortes traces de Roundup sont présentes dans nombre de cours d'eau et nappes phréatiques, ce qui représente une atteinte grave à l'environnement. 


  "Nous attendons beaucoup de notre rendez-vous avec Carrefour en décembre. Nous souhaitons travailler avec eux à un déréférencement progressif mais rapide des pesticides les plus dangereux dans les grandes surfaces, et nous sommes prêt à revenir agir chez Carrefour ou ailleurs pour créer le rapport de force nécessaire », déclare Rémi Filliau du collectif Roundup Non Merci.
Merci pour la vie !

Remi Filliau

mardi 21 octobre 2014

du blues dans le "disco soupe"



Quand en 1985 Coluche créait les Restos du cœur, il était loin d’imaginer que 30 ans plus tard, ce qu’il voyait au départ comme un réseau provisoire de distribution de surplus de l’alimentation industrielle aux plus démunis serait institutionnalisé et participerait à la bonne conscience collective, notamment à travers la surexposition des « Enfoirés ». Ce qui a été institutionnalisé, à partir d’un élan de générosité face à une paupérisation croissante, est bien la précarisation alimentaire. Puisque l’Etat français accepte les riches, il fait aussi avec ses pauvres et, dépassé par l’urgence chronique, démissionne de ses responsabilités publiques, en s’appuyant, sur ces associations de collecte alimentaire (rien que pour les restos du cœur plus de 130 millions de repars distribués en 2012). La situation est doublement perverse aujourd’hui, car elle participe au maintien d’un système économique mondialisé, générant un gaspillage alimentaire insupportable quand on sait que 40 % des produits commercialisés en Europe sont jetés, le champion toute catégorie confondue de cette faillite consumériste restant la grande distribution.
S’agissant justement de la grande distribution, on a bien vu que la gestion de l’excédent alimentaire, arrivant à la fin du cycle de vente (date de péremption) n’avait pas bien été intégré quand, pour certaines enseignes, la seule réponse qu’elles apportaient était de stigmatiser la population la plus vulnérable (produits aspergés par de l’ammoniac, directement dans les bennes, pour être impropres à la consommation).
Mais les mentalités évoluent, pas dans le sens où certains d’entre nous le comprennent, parce que l’impact en terme d’images est désastreux. Il ne faudrait donc pas que tout acte de participation sociale justifie le maintien d’une filière agro-alimentaire productiviste, polluante, qui généralise le statut de travailleurs précaires et porte atteinte, au final, à la question de salubrité publique.
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Comment peut-on se réjouir alors de l’émergence de mouvements comme le « disco-soupe » ? Si la collecte alimentaire, constituée essentiellement de denrées périssables et fraîches, était basée sur l’approvisionnement à partir d’une filière respectueuse de l’environnement et de l’humain, il n’y aurait aucune raison valable de s’interroger. Maintenant, le mouvement annonce qu’il a sauvé de la poubelle plus de 25000 kg de fruits et légumes en 2014. Ce chiffre, au regard d’un marché plus conséquent, reste symbolique. Sauf que, même si la grande distribution est écartée d’office, solliciter des importateurs de fruits et légumes n’apporte aucune garantie quant aux seuils de tolérance à ne pas franchir. Si le mouvement « disco-soupe » devait s’étendre, est ce que le seul réseau de magasins bio suffirait à répondre à une exigence de conscience vertueuse ? Pourrions-nous éviter les pièges du maintien de la précarisation alimentaire ? D’autres initiatives citoyennes répondent plus à la cohérence d’une vision globale, comme l’exemple de la distribution de fruits et de légumes bio, de proximité, en direct, gratuite ou selon l’échange d’une participation libre, en cas de sur production ou d’invendus. La solidarité alimentaire se substitue alors à une forme d’attitude caritative car elle s’éloigne d’une logique de rentabilité des marchés de production.

C'est foutu ! Du plastique dans le miel

"C'est foutu..." fut ma première réaction à la lecture de l'article de 60 millions de consommateurs sur le sujet de la pollution du miel par le plastique. La revue fait savoir que douze pots de miel, achetés en France mais à partir de miel de provenances diverses, contenaient des particules de plastique. 
Extraits de l'article."Les analyses de l'association ont mis en évidence trois types de microplastiques présents dans le miel : "des fibres, qui pourraient être d’origine textile, des fragments, dont on peut supposer qu’il s’agit de produits de dégradation de plastiques plus volumineux, et des granules, qui pourraient provenir de cosmétiques ou de rejets industriels", écrit 60 millions de consommateurs. Jusqu'à 265 microrésidus par kilo pour les échantillons les plus pollués.
Selon des chercheurs allemands qui ont mené la même étude outre-Rhin, ces microplastiques que l'on retrouve dans l’eau de pluie, l’atmosphère et dans certaines fleurs seraient "collectés par les abeilles en même temps que le pollen, rapportés à la ruche, puis intégrés au miel"
Après les premiers moments de consternation, "c'est foutu..." je pensais que la publication d'une situation montrant l'ampleur d'une contamination généralisée, soulèverait l'indignation elle aussi généralisée. J'ai eu beau chercher une réaction des apiculteurs ou une déclaration d'une association environnementale, d'un syndicat agricole, voire même de partis politiques : RIEN !! Tout juste une série de sites internet reprenant l'information publiée par 60 Millions de consommateurs. Mon "c'est foutu" pour le coup, prenait tout son sens; est ce que cela traduirait alors un sentiment d'impuissance chez les défenseurs de l'abeille ? Après les pesticides, les OGM, des bouts de plastique... Quand des recherches sur le sujet nous apprennent que 88 % de la surface des océans contient des fragments de plastique, qui de surcroit affectent la chaîne alimentaire marine, et que ces mêmes recherches prévoient que ces micro particules seront présentes des centaines d'années, il n'y a pas de quoi se réjouir car le phénomène est gigantesque et irréversible! Pour couronner le tout, ces morceaux de plastique contiennent des contaminants, des résidus comme le polyéthylène et le polypropylène, des polymères utilisés dans la fabrication d'objets quotidiens comme des sacs, des contenants alimentaires et de boissons, des ustensiles de cuisine ou des jouets.
Collecte de fraises en plein champs.
A ma connaissance, les diagnostics scientifiques évaluaient les conséquences de cette pollution et localisaient  cette extension au seul élément maritime. Ce n'est plus le cas maintenant. A mes yeux, le miel est devenu un produit naturel à classifier dans la catégorie des produits toxiques puisque contenant des caractéristiques chimiques impropres à la consommation. Sa composition exacte devrait même figurer sur les étiquettes. Nos malheureuses pollinisatrices seraient complices de l'élan expansionniste de notre incurie volontaire.
Donc que faire ? Puisque "c'est foutu". Pour ma part j'ai pris la résolution de me retrouver en danger social, me porter pâle auprès de mes congénères, en me mettant à disposition. J'ai décidé de tourner le dos à ce qui me fait homme. De toute façon, j'étouffe. J'exulte. Je m'immole socialement. 
Puisque la société de consommation est irresponsable et compromise, nous entrainant, moi et mes enfants, avec elle dans ses excès, je me responsabilise et je me mets au service de l'intérêt général et des abeilles, après tout, elles travaillent bien pour notre confort alimentaire, non ? Je m'acquitte ainsi de ma dette écologique.
Dès le second trimestre 2015, j'entamerai des chantiers-nature sur la presqu'île de Plougastel-Daoulas. En effet, ce territoire regorge d'un trésor indécelable : le plastique noir. Vous avez entendu parler de la fraise de Plougastel ? Tout le monde a entendu parler de la fraise de Plougastel ! Ce que l'on avoue moins c'est que pour produire de façon intensive ce succulent fruit rouge, il a fallu enterrer des m2 de bâches noires pendant des décennies, utiles pour la captation de la chaleur et sa rétention aux systèmes racinaires. Les agriculteurs étant d'insouciants rêveurs, point prudents ou mal informés ont longtemps abandonné ces bâches dans les talus. Ce système de plantation en pleine terre a été remplacé aujourd'hui par de somptueux "jardins suspendus", hors sol (sous serres quoi !). Malgré tout, des kilomètres de bâches en plastique, reposent toujours dans les chemins creux et se transforment en véritable calamité écologique ! Le temps faisant son œuvre d'usure, les longues lignes de bâches d'autrefois, entreposées ici et là, se désagrègent inexorablement et prolifèrent comme un élément nuisible, loin d'être maitrisé dans un périmètre déterminé.
Tous les promeneurs, tous les habitants et les éluEs de la commune connaissent ce point noir des randonnées dans la presqu'île, mais "je ne suis pas concerné" ou "pas responsable", "je suis là pour consommer du paysage", pour "mon bien être de galopeur"; ils ferment les yeux, ce qui peut devenir dangereux pour les marcheurs. En attendant, les fragments de plastique deviennent des particules qui elles-mêmes se volatilisent en micro résidus, affectant potentiellement le miel. La boucle est bâchée.
J'aurai l'occasion de revenir sur "cette nouvelle mission nature", notamment pour une présentation plus générale du montage du projet début 2015 car après : AU TRAVAIL ! Foutu pour foutu...


Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...