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vendredi 25 septembre 2015

Qu'est ce qui se trame dans les ribin de Plougastel ?

Le Difroud à Plougastel
A Plougastel on n'a pas les pavés du Nord de la France. A Plougastel on n'a pas les lacets des cols mythiques du Tour de France. A Plougastel on n'a pas les classiques de printemps ni des compétitions de VTTistes, chacune de ces compétitions de vélo faisant redécouvrir de magnifiques paysages de plaines et de montagnes, où la nature est omniprésente. A Plougastel nous avons Dominique. Le maire. Dominique a toujours eu des rêves de grandeur pour sa commune, à défaut pour lui d'atteindre les sommets d'une carrière politique, malgré les efforts consentis (il y a longtemps) et sa détermination actuelle à mouiller le maillot de sueur. Car Dominique maintenant roule pour le sport. 

Après sa défaite pour accueillir le centre de formation du stade brestois, revanchard, il lui fallait une compét', une vraie, celle qui ne souffrira d'aucunes contestations des intégristes écolo de la commune (dixit le même Dominique). Une qui mettra le braquet, le grand, pour asseoir définitivement la stature (et quelle stature !) d'un élu qui ne ménage pas ses efforts pour être au petit soin avec les sportifs de haut niveau de la SportBreizh. Cette course, organisée depuis 2013, a été créée par Gurvan Musset, avec le soutien de la radio France Bleue Breizh Izel, sans compter Le Télégramme ou le CMB. Que rapporte wikipédia sur le sujet :

"La course est avant tout basée sur Plougastel-Daoulas, sur le pays de Landerneau-Daoulas et sur la communautés de communes du Yeun Ellez dans les Monts d'Arrée.
La fête au village ! La Sportbreizh veut être atypique : elle passe donc par des sentiers de terre, le gwennojen (sentiers en breton) ou goudronjenn à Plougastel et arrive dans des sites exceptionnels comme le sommet du Mont St Michel de Brasparts. Les organisateurs souhaitent aussi arriver au cœur des villages."
Ribin en goudron ou goudronjenn
Que des cyclistes mangent de la poussière, après tout pourquoi pas ? Qu'ils empruntent des chemins de campagne, le fameux goudronjenn, en enfilade, et s'échinent à ne pas chuter, oui bel effort physique qui peut rappeler celui de Roubaix ou du Tro Bro Leon du Nord Finistère. Sauf que pour accueillir un tel événement ambulatoire avec les véhicules des équipes, les voitures officielles et celles des journaleux il a fallu recourir à une chirurgie de rase campagne, montrant au passage la façon dont Dominique procédait pour entretenir les chemins communaux. Pas question de traîner dans la boue ou de chuter dans les trous d'eau, qui pourtant ornent périodiquement les goudronjenn de la commune. Pour en venir à bout et d'après des spectateurs attentifs, pendant plusieurs semaines, et sur quelques kilomètres, des engins de chantier ont mangé les talus, élargi les chemins en déblayant d'un côté pour mettre sur l'autre, mettant au grand jour, notamment, des mètres de film plastique agricole, laissé de nouveau sur les rebords ! 
morceau d'amiante
Comme le rappelle Wikipédia "la course passe par des sentiers de terre".  Les camions ont acheminé des tonnes de gravats de chantier afin d'obtenir un espèce de macadam épais de plusieurs centimètres. Cet agglomérat contient autant de bitume de trottoir et de route, des pans entiers de dallage, des vestiges de conduit en amiante...Mais où ont-ils déniché une telle quantité de déblais ? Déchets qui logiquement auraient dû être confinés dans des centres de stockage de déchets ultimes. Les mauvaises langues ont une idée; ils subodorent fortement que ces déchets proviennent des chantiers du Tramway de Brest...Possible ? Certainement au regard de l'assise couverte par ces gravats pour aménager leur boulevard. Qu'est ce que représentent aux yeux de Dominique quelques kilomètres de vieux chemins hébergeant une biodiversité inutile et encombrante comme l'escargot de Quimper. Après tout Dominique est le premier a le reconnaître "Il y a suffisamment de chemins à Plougastel". 
Plougastel fait peau neuve et renoue avec les décharges à ciel ouvert, illégales, certes, mais si nécessaires au confort de quelques cyclistes. A Plougastel le bulle n'est pas le seul à détériorer l'environnement, il y a Dominique. Une espèce qui n'est pas prête d'être classée en voie d'extinction.

dimanche 6 septembre 2015

A Mezilles, la phyto coule de source

Août 2015 - Mezilles (89). Installation d'une station en phytoépuration. Capacité de traitement pour 400 foyers (nombre d'hab. : 600)

Dispositif de 3  bassins fonctionnant en alternance
Dans le cadre de la préparation d'une réunion publique sur le thème de l’assainissement, l'association "A quoi ça serre" (29) présente un second exemple d'installation d'une station phytoépuration, après celui de Saint Privé (voir article "Phytoépuration : focus sur le fécal), projet retenu par la commune de Mezilles pour épurer les eaux domestiques issues des foyers. Daniel FOIN, maire de Mezilles depuis 2001, a accepté d'accueillir "A quoi ça serre" afin d'expliquer le choix d'un changement de traitement plus écologique des eaux. (Voir les explications de Daniel FOIN dans le lien ci-dessous)


A Mezilles, comme ailleurs, la solution adoptée pour l’assainissement reposait sur la mise en place d'un réseau classique de récupération des eaux usées. Comme ailleurs, après passage par la station d'épuration, les boues collectées étaient épandues dans les champs et ce depuis la construction de la station en 1978.

en 2008 la commune qui doit répondre à des normes réactualisées de fonctionnement s'adresse à l'Agence de l'eau "Seine-Normandie" et se retrouve face à un choix cornélien : 
soit rénover l'actuelle station, et même si ce scénario paraît plus économique dans sa mise en oeuvre, il a pour conséquence d'exercer une pression toujours plus forte sur l'environnement (épandage des boues), 
Tranchées pour les arbres
soit opter pour un autre système comme la phytoépuration avec en corollaire un coût de construction plus élevé. La décision de la municipalité se porte sur le remplacement de l'actuelle STEP car il s'avère que le coût d'exploitation est moindre (comparaison, phyto  : 5000 euro/an et système conventionnel : 20000 euro/an).

La mise en fonction réelle a débuté en septembre 2015 sur 1.5 ha. Du fait de la présence en aval d'une rivière 1ère catégorie la police de l'eau a exigé l'aménagement d'un espace boisé pour éviter le rejet des eaux des bassins.

Le montage financier se décline comme suit : subvention du Conseil départemental de l'Yonne (20 %), soutien de l'Agence de l'eau (40 % en moyenne) et un prêt de 80000 euro à taux zéro sur 20 ans. Coût final : 460000 euro dont 100000 euro pour la réhabilitation du réseau existant. Un puits de relevage et deux pompes figurent au budget.


dimanche 23 août 2015

Phyto épuration : focus sur le fécal

C'est à travers l'exemple qui va suivre que le constat apparaît encore plus accablant : l'immobilisme politique en matière d'environnement est un indicateur flagrant de l'absence de volonté locale d'emprunter les chemins vertueux de la transition écologique pourtant plus que jamais nécessaire. C'est aussi parce que l'association "A quoi ça serre" s'est saisie du projet de restructuration de la station d'épuration de Plougastel-Daoulas (29) que ces évidences sembleraient devoir se matérialiser en faveur de changement profond et passif à l'instar de décisions coûteuses, polluantes et inefficaces. Mais le cas de la commune est bien plus symptomatique d'une gestion générale des deniers publics inappropriés quand il s'agit de rompre avec des habitudes d'attribution des marchés publics à ceux-là mêmes qui font la pluie et le beau temps comme la compagnie des Eaux du Ponant, fervent partisan du bétonnage et du tuyautage pour justifier son statut faussement appelé "Société publique locale" et conserver une exclusivité autour du profit de l'eau, la rendant incontournable techniquement. La duplicité entre la capitalisation de l'argent public et le politiquement complaisant ne fait pas de doute. La recherche d'une économie des moyens n'est pas à l'ordre du jour, il faut avant tout rentabiliser l'activité du maître d'ouvrage unique afin de garantir un système orienté, engagé dans un tourbillon de dépenses non maîtrisées puisque de plus en plus gigantesques, avec en sus la fâcheuse propension à dévorer de l'espace (Quand on pense aux ressources mises en oeuvre au départ pour expliquer ensuite que les coûts prévisionnels ne seront pas ceux initialement prévus, il y a de quoi effectivement avoir le vertige).
Installation qui a obligé à l'abattement d'une ligne d'arbres anciens. Utilité écologique ?



















Le cas de figure de la station d'épuration de la commune n'échappe pas à la règle. Des millions d'euros des contribuables seront déversés dans l'anse de la rivière du Caro, à travers la construction d'un émissaire (tuyau), au demeurant loin de régler les problèmes des restachoù fécaux selon un agent assermenté de la police de l'eau (Onema) qui avoue dixit : "Le caro est de toute façon foutue". Si le dicton dit que l'argent n'a pas d'odeur il ne s'applique pas à Plougastel où il sent la flatulence.
Pourtant, des élus locaux, trop rares et certainement moins dispendieux que le maire de Plougastel, ont fait le choix de la "maîtrise des dépenses" dans la durée. Confrontés au scepticisme, à la mauvaise foi, à la passivité ou au laisser faire, les adhérents de l'association n'ont d'autres choix que d'exposer des cas de figure de gestion communale réfléchie qui fonctionnent. Suite à l'initiative de Béatrice BREDEL, adhérente d"AQCS" qui a rencontré Jean-François BOISARD, maire d'une commune de l'Yonne, Saint Privé (89), l'association entend démontrer que le passage à des actes vertueux n'a rien de démesuré, certainement pas issus de pensées oniriques.
Station d'épuration de St Privé, visite guidée par une adhérente d'A quoi ça serre
De même que St Privé, chaque commune dépend d’une agence de l’eau spécifique en fonction du bassin versant, c'est-à-dire le fleuve ou la rivière... dans lequel va être rejetée l’eau pure issue de la STation d'EPuration (STEP). Celle de St Privé, qui a 12 ans d’ancienneté (dimension 300 m2), a été mise en oeuvre par l’agence de l’Eau de Seine-Normandie. Auparavant la commune disposait d’une STEP classique qui assainissait les eaux usées de 150 foyers. Dans l’hypothèse d’une augmentation du nombre d’habitants la STEP a été dimensionnée afin de pouvoir subvenir à l’assainissement des eaux usées de 300 foyers.
Le site de phyto-épuration se situe à 500 mà vol d’oiseau du village. Il est composé de 2 bassins principaux et d’un dernier bassin excentré où pousse des roseaux.Toute la station fonctionne de façon autonome mais nécessite un suivi régulier. Tous les deux/trois jours un basculement des valves est programmé. Il s’agit d’orienter les eaux usées vers des répartiteurs (tuyaux inox). Cette opération s’effectue en quelques minutes, mais permet surtout à l’employé municipal de vérifier le bon fonctionnement de la station.
Il passe à peine 1/2 d'heure sur le site. Une fois par an, à l’automne, la coupe des roseaux se fait de façon manuelle, et non pas mécanique, afin d'éviter d’abîmer le réseau de tuyaux inox qui, eux, répartissent les eaux usées sous les végétaux.
Le fonctionnement se résume à amener les eaux usées dans le premier bassin. L’eau épurée une première fois se déverse dans le second bassin, où elle finit d'être assainie. Un troisième bassin retient l’eau qui est rendue pure au fossé.
En raison de la position géographique du village qui se situe en bordure du Loing, c’est à dire en aval, il a fallu investir dans des pompes de relevage.Tous les réseaux ultérieurs ont pu être conservés. L’eau provenant des habitations est stockée en utilisant les infrastructures existantes (bassins) de l’ancienne stationLe contrôle de l’eau rejetée est effectué tous les 3 mois par l’Agence Régionale de la Santé, et en fonction de l’équilibre biologique une prime symbolique au résultat est attribuée (1000 euros/an).

Les coûts engendrés à la mise en œuvre ainsi qu’à l’entretien et l’usage
Une grande partie de la mise en œuvre a été subventionnée par L’agence de l’eau permettant :
- de procéder à l’achat d’un terrain (un terrain en dénivelé a permis d’économiser sur le terrassement), 
- de creuser des bassins, 
- de mettre en place des tuyauteries,
- d'acheter des roseaux.
La municipalité a dû toutefois investir dans 2 pompes de relevage de 6000 euros chacune (investissement indispensable en raison de la position géographique du village) dont une pompe installée pour la configuration maximale à 300 foyers. En 12 ans la municipalité a seulement racheté une centaine de roseaux de remplacement. Les coûts liés à l’entretien sont donc pratiquement inexistants.
La question de la phyto-épuration s’est posée dans la commune lorsque la station classique avait besoin d’être redimensionnée (agrandie). Selon le maire de St Privé : "Toutes les communes alentour ayant opté pour un agrandissement classique sont en déficit sur les questions d’épuration, tandis que St Privé ne l’est pas". 
Sa conclusion ne souffre pas d’ambiguïtés. « Il s’avère en dernier ressort que le choix d’une méthode d'assainissement n'est pas un choix économique pour tel ou tel système, car les coûts sont sensiblement les mêmes, mais relève avant tout d’une politique environnementale volontariste».



Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...