Lettre d'A quoi ça serre adressée à la préfecture du Finistère pour déplorer la carence du maire de Plougastel-Daoulas, face aux pollutions industrielles et la réalisation de mares (ouvrages qui doivent faire l'objet de déclaration préalable, et inconnus des services de l'urbanisme de la mairie).
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dimanche 19 février 2017
jeudi 16 février 2017
Vietnam. Entre invitée d'honneur et déshonneur des élus
Par F. Oppermann. A quoi ça serre ?
Ce mardi 14 février "AQCS?" a invité à la Salle Frézier Tran To Nga a
venir nous parler tout simplement de sa vie. En préambule, David
Derrien, initiateur de cette rencontre a expliqué que c'est à travers ses luttes locales contre Monsanto et l'engagement d'André Bouny, qu'il a découvert le combat de Tran To Nga. Dés lors il lui
semblait naturel de tout mettre en œuvre pour que Tran To Nga puisse
faire partager au plus grand nombre son témoignage. C'est donc ainsi que
David Derrien a pu, grâce à la gentillesse et la disponibilité de Tran
To Nga, organiser une série de rencontres un peu partout en Bretagne.
Si à chaque fois, ces rencontres ont été l'occasion d'échanges très
riches, David Derrien a regretté que la demande qu'il avait faite auprès
du maire de Plougastel et de tous les élu(e)s d'organiser une réception
conviviale en l'honneur de Tran To Nga n'ait pas fait l'objet de la
moindre réponse, hormis celle d'un conseiller municipal d'opposition (voir courrier en bas de l'article).
![]() |
| David Derrien |
![]() |
| To Nga Tran |

Si l'indépendance met enfin un
terme à son supplice elle n'éprouve aucune haine à l'encontre de ses
geôliers et tortionnaires car avec sa mère elle a tellement rêvé à cette
paix qu'elle ne veut pas la gâcher avec une vengeance inutile. Très
vite elle s'applique à redonner confiance à son peuple en devenant
directrice d'école. Consciente que le pardon est indispensable, et
qu'elle peut être un trait d'union entre le Vietnam et la France, elle
multiplie les initiatives en ce sens. Elle organise notamment un voyage
pour les anciens combattants d'Indochine au Vietnam. Cela lui vaudra
d'être décorée de la Légion d'Honneur.
Plus tard, c'est en travaillant
sur un projet de construction de village que son passé va resurgir
brutalement lorsqu'elle se retrouvera face à des victimes de l'agent
orange, défoliant dispersé par l'armée américaine pour déforester la
jungle. Dés lors sa vie prend un sens nouveau, déjà parce que comme tant
d'autres, elle s'est retrouvée contaminée, comme ses enfants, par ce
poison, mais parce que surtout face à cette tragédie sanitaire, elle
sent que son pays veut tout faire pour étouffer ce scandale aussi bien
de santé publique qu'environnemental puisque aucun programme sérieux de
dépollution n'est mis en place par les autorités. C'est récemment, en
2009, lors d'une audience sur les effets néfastes des dioxines que Tran
To Nga a pu exposer à un auditoire attentif les ravages causés dans son
Vietnam. Dans l'auditoire deux avocats ont été touchés par le
témoignages de Tran To Nga et lui ont suggéré d'envisager une suite
judiciaire. Dans un 1re temps Tran To Nga s'y refuse catégoriquement
mais lorsqu'elle apprend que des victimes vietnamiennes de l'agent
orange ont été déboutés trois fois de suite aux Etats-Unis, ce qui
suspend définitivement tout chance de procès là bas, elle a accepté y
voyant une chance ultime de faire reconnaître la responsabilité des
firmes chimiques qui ont fourni à l'armée américaine ces produits.
Aujourd'hui 19 sociétés américaines sont assignées par un tribunal
français car Tran To Nga a la double nationalité. Comme à chaque fois
que l'on s'attaque à de grosses structures, les coups sont rudes
d'autant plus que Tran To Nag ne défend que son cas particulier, la
procédure lui interdisant de parler au nom des autres victimes. C'est un
combat long et douloureux et....coûteux. Même si ses avocats ne
réclament pas d'honoraires, la simple traduction de l'assignation a
coûté 16000€ à Tran To Nga, d'où ses efforts pour à travers son livre
récolter les sommes nécessaires pour aller au bout de sa démarche dont
bien évidemment nous vous tiendrons informés. Bien sûr ce moment fut
trop court, mais les échanges furent enrichissants et nous ne pouvons
pas nous empêcher d'admirer le parcours de cette femme qui a toujours su
surmonter des épreuves terribles sans jamais dévier du chemin tracé par
sa mère. Son sens du pardon et sa gentillesse en plus de son dévouement
pour les autres constituent une magnifique leçon de vie et il est bien
dommage que les élu(e)s n'aient pas souhaité en profiter.
mardi 31 janvier 2017
Y'a de quoi ce marais ! Eizh
Scribes d'humeur, partiellement publiés dans la revue de Janvier 2017 d'Eau et rivières de Bretagne. Rubrique : l'écho des marais.
Des salariés abattus
Les salariés de l’abattoir de volailles Tilly-Sabco de
Guerlesquin sont sans activités depuis fin juin 2016 (Ouest-France, 06/10/16).
D’après Corinne Nicole, représentante des salariés et ancienne porte parole des
bonnets rouges : « Il y a encore de l’espoir mais on sait que l’on
part vers des licenciements. Il faut arrêter de vendre du rêve aux
salariés ». La tuerie de masse, les cadences, la souffrance,
l’endettement, ça se vend très mal.
Réfugiés
Sans remettre en cause les pesticides, Bretagne Vivante
lance un cri d’alarme sur la raréfaction des landes qui a une incidence sur la
population des papillons (Le Télégramme, 06/10/16). L’association rappelle que
la lande couvrait 25 % du territoire breton, transformée aujourd’hui en culture,
sapinière et prairie. Avoir confié la gestion des paysages aux agriculteurs a
une incidence, celui de réfugier les insectes dans des sanctuaires.
Bilan de santé
Enième bilan sur la pollution des algues vertes en Bretagne
et énième constat du Préfet de la région : Le problème est encore là
en 2016 avec 30 000 T d’algues collectées (Ouest-France, 13/10/16). Le
plan de lutte sera reconduit jusqu’en 2021 avec un budget de 95 millions
d’euro. Beaucoup d’élus le disent : la Bretagne est malade mais elle se soigne.
Ils oublient de rappeler qu’elle se gave avec l’argent des contribuables, ce
qui n’est pas forcément le meilleur moyen de guérir.
Fruits pourris
Jo Baron, présent lors de l’affaire du portique de l’écotaxe
à Landorec (22), est toujours sur le coup d’une condamnation : «Je refuse
la guillotine » (Le Télégramme, 13/10/16). Pour régler ses frais de
justice, l’agriculteur comptait sur les promesses de Xavier Beulin, président
de la Fnsea. « Je n’ai rien reçu de la profession ». Il parle même de
traîtrise des Bonnets rouges. Même en agriculteur, ce ne sont pas les fruits
pourris qui tombent en premier ?
Chasseur chassé
Un chasseur de Guimaëc a été agressé par un particulier, à
partir d’une parcelle voisine où il tirait en vain le faisan (Ouest-France, le
27/10/16). « Il s’est précipité sur moi et m’a violemment frappé au
visage » Témoigne-t-il. La victime a porté plainte, tout comme le fera le
président de la société de chasse : « Nous en sommes à une quinzaine
d’agressions verbales alors que nous respectons la loi ». Un chasseur qui
respecte les règles et qui se fait taper sur la gueule, ça a quand même du
chien !
Le petit rapporteur
Le rapporteur public de la cour administrative de Nantes a
demandé l’annulation d’arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de
l’aéroport de NDDL (Le Télégramme, 05/11/16). Ses conclusions, généralement
suivies, portent sur le non respect du code de l’environnement. Les partisans
du projet pensent peut-être que les anti-aéroports pinaillent sur des détails
et qu’ils vont les localiser par le petit bout de la lorgnette. C’est vraiment
se moquer du monde !
Des PLUmés et du goudron
Des citoyens qui s’élèvent contre les
« incohérences » de la loi Littoral ont crée une coordination des
PLUmés (Le Télégramme, 09/11/16). Ils dénoncent notamment l’impossibilité de
construire dans les « dents creuses ». « Nous défendons la loi
Littoral qui a permis de protéger nos côtes du bétonnage » expliquent-ils.
D’un côté ils veulent bétonner et goudronner, de l’autre ils récusent la
construction de nouveaux hameaux. Comprenne qui pourra.
Sans toits
Denis Jaffré, apiculteur de Locmélar, avait installé des
ruches au sommet de la mairie de Brest. Il explique dans une interview que la
présence du frelon asiatique risquait de détruire les ruches (Ouest France,
10/11/16). Brest serait inhospitalière pour les abeilles et deviendrait le royaume
des frelons ? Peut-être. Quand on voit comment les élus traitent les
familles expulsées du Forestou, qui se retrouvent sans toits.
L’amour vache
Dans un communiqué de novembre, Eau et rivières de Bretagne
dénonce l’attitude de l’Etat qui renonce à annuler l’arrêté de 2006 qui
encadre l’usage des pesticides (Le Télégramme). « 81 molécules ont été
détectées dans les eaux bretonnes en 2015» précise Gérard Huet. « Le
gouvernement vient de capituler devant la Fnsea et les industriels »,
continue t’il. Avant les présidentielles, l’idylle entre les agriculteurs et le
gouvernement ressemble à de l’amour vache.
Les zélés de l’Ouest
La cour administrative d’appel de Nantes a validé les
arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de NDDL (Le Télégramme, 15/11/16).
Cette décision s’oppose à l’avis du rapporteur public qui préférait un
réaménagement de l’aéroport actuel. « La messe est dite », s’est
réjoui le président de l’association « des Ailes de l’ouest », pro
NDDL. Attention à ne pas s’étouffer avec l’hostie car la justice est d’humeur volage.
Sentir le rance
300 manifestants se sont rassemblés aux abords de la Rance
pour réclamer à l’Etat et à EDF un plan de désenvasement (Le Télégramme,
27/11/6). Le porte-parole de Rance Environnement rappelle que l’estuaire est
abîmé à 80 % par le barrage. Les tables rondes s’enchaînent pour trouver des
solutions. Reste à espérer que les discussions ne s’enlisent pas, ça finirait
par sentir le rance.
Gel des prix
Seule une dizaine d’agriculteurs des JA se sont retrouvés
sur le site de la Laïta, coopérative laitière située près de Gouesnou, pour
réclamer une revalorisation du prix du lait (Ouest France, le 30/11/16).
« Dans les campagnes les jeunes sont résignés », reconnaît un
responsable du syndicat. Choisir entre le confort d’un tracteur climatisé et
piétiner des heures sur un parking lors de périodes de froid, les jeunes savent
qu’il n’y a pas que les prix qui gèlent.
Largués
Lors des troisièmes victoires de la Bretagne décernées par
le Télégramme, le jury a désigné Triskalia lauréate pour le développement
durable (Le Télégramme, 08/12/16). La coopérative commercialise des drones qui
larguent des petites guêpes sur du maïs attaqué par la pyrale. Après avoir
largué des pesticides interdits dans les silos de céréale, intoxicant des
salariés, Triskalia largue un insecte potentiellement facteur de déséquilibre
pour l’écosystème proche. Durable ? Largués surtout.
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