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lundi 26 avril 2021

Conflits d'intérêts dans la fonction publique. Alix est-il un pantouflard ?

Après plus de 25 ans versés dans la carrière de chef du pôle "urbanisme et travaux" à Plougastel, Roger Alix s'en est allé à la retraite de la fonction publique en 2019. 25 ans au même poste, c'est une longue carrière, ça laisse le temps de construire de solides relations avec l'ensemble des acteurs de l'urbanisation tout aussi surement qu' avec les élus. A vrai dire, Roger Alix donne l'impression de faire partie de l'équipe off du cartel de Cap, puisque le maire actuel est en poste depuis 20 ans. Ils ont évolué ensemble et connaissent les mêmes interlocuteurs quand il s'agit de travaux ou d'urbanisme à Plougastel-Daoulas. 

Roger Alix (le premier debout, à gauche)
en compagnie des élus (photo de 2013) 

S'il quitte la fonction publique, le jeune retraité ne cesse pas pour autant ses activités professionnelles et s'aménage une reconversion professionnelle dans le privé. La plus évidente et la plus lucrative reste celle de s'associer à un entrepreneur de l'urbanisation à Plougastel, un lotisseur qui serait en bonne place dans le carnet de contacts du maire actuel pour renifler les bons plans de vente de parcelles sur la commune. Et s'il s'avère que le classement des parcelles pose problème, qu'à cela ne tienne, on modifiera la destination du zonage au Plan Local d'Urbanisme. Les propriétaires n'étant, en plus, pas regardant sur la préservation du bocage et que leurs terrains abriteraient une biodiversité menacée, le mieux étant de les vendre au plus offrant.

Alors se pose tout naturellement, pour toutes les personnes saines d'esprit, la question de savoir si nous ne sommes pas confrontés, avec cet exemple, à un réel conflit d'intérêts. Dans la réforme de la fonction publique débutée en 2018, un chapitre est consacré à la déontologie, qui évoque le principe d'améliorer la transparence et de réduire les conflits d'intérêts chez les fonctionnaires, notamment pour ceux et celles qui partent ensuite dans le privé, on appelle cela le "pantouflage". Que dit le député du Var, Fabien Matras (Lrem), porteur de plusieurs amendements ? "Qu'un (haut) fonctionnaire parte travailler dans le privé, n'est pas un problème en soi. Une difficulté se pose en revanche quand un fonctionnaire rejoint une entreprise qu'il a connue ou avec laquelle il a travaillé quand il était fonctionnaire." (Ouest-France, 30/05/2019)

La déontologie ne semble pas arrêter Roger Alix quand il rejoint le lotisseur qui a déjà bâti sur Plougastel, avec l'accord du maire. L'éventuel pantouflard y trouve même un rôle participatif à le voir s'activer sur un secteur concerné par un prochain lotissement, sur des parcelles de talaouron, situées en périphérie d'une zone "Natura 2000", projet qui pourtant avait obtenu un avis défavorable d'une instance consultative, la MRae (Mission Régionale de l'autorité environnementale). L'ancien responsable de l'urbanisme se sent tellement à l'aise dans son nouveau bleu qu'il a déjà ordonné la destruction des talus bocagers, notamment ceux qui  peuvent abriter une biodiversité menacée (voir photo ci-dessous).

Talaouron, Plougastel. Alix supervise les travaux de saccage

Qu' Alix aille travailler dans le privé pour faire valoir ses compétences, pourquoi pas ? Ca le regarde. Mais qu'il mette en œuvre son réseau de connaissances rassemblées lors de son passage dans la fonction publique communale, pour détruire la nature afin de faire du profit c'est nettement plus condamnable. Alix doit se trouver en ce moment au pays des merveilles. Ca ne va pas durer. 





lundi 1 mars 2021

Quand L'Etat s'attaque aux Libertés Bretonnes

Dans le titre de cet article "Quand l'Etat s'attaque aux Libertés Bretonnes", j'aurais pu ajouter des adverbes comme "encore" et "toujours" tant la liste est longue des mécanismes d'oppressions et d'intimidations des pouvoirs de l'Etat français, sur l'expression, au sens large, des Libertés Bretonnes, d'hier comme aujourd'hui, et qui se revendiquent de l'identité bretonne. Il convient de préciser que dans cet article, il faut mettre entre parenthèse ce l'on nomme "la culture bretonne" afin d'éviter de faire croire que l'Etat français est généreusement attentif à ses particularismes régionaux, ce qui au fond alimente plutôt le principe d'une province assimilée. 

La plus emblématique de ces privations des Libertés Bretonnes, et qui n'a pas encore retrouvé son cadre administratif historique, reste la réunification de la Loire-Atlantique. On peut admettre que cette question trouve un certain écho dans la population bretonne, y compris dans le département concerné. Toutefois, le redécoupage des régions voulu par François Hollande va sérieusement ralentir le passage à l'acte, car c'est tout l'Ouest de la France qu'il faudra redessiner. Autant pronostiquer que le pouvoir politique local usera de tout l'arsenal d'Etat à sa disposition : barrage constitutionnel, contestations des chambres consulaires et des assemblées d'élu.es, manifestations de rue, etc etc, pour empêcher ces épousailles bretonnes. 

Plus récemment, en 2017, une famille de Rosporden s'est vue rejeter par l'état civil de Quimper, que figure sur le registre de naissance le ñ tilde de leur fils Fañch. Alors que la cour de cassation a fini par donner gain de cause aux parents de Fañch, la loi française, malgré des promesses récurrentes, interdit toujours le tilde à l'état civil. 

Puis nouveau sujet dans l'actualité toute récente, dans laquelle on apprend que l'Education nationale envisage de réduire le quota d'heures en langue bretonne dans les écoles DIWAN  à compter de la rentrée 2021. L'incompréhension est totale et partagée par les parents, des militants et les jeunes scolarisés, sachant que cette décision du pouvoir administratif aurait au final, une incidence sur les effectifs d'enseignants et sur le contrat pédagogique de l'école laïque et associative que représente Diwan.  

Enfin, pour compléter ce dispositif répressif, déjà politique et administratif, il manquait l'intimidation exercée par les forces de l'ordre à l'encontre de militants indépendantistes. Chose faite lors de la réunion publique organisée par le comité local des Monts d'Arrée de "Douar ha Frankiz", à Brennilis le 27 février 2021 : la gendarmerie photographiait les plaques d'immatriculation des véhicules en stationnement. Si cela ne s'apparente pas à un abus de pouvoir, ça ressemble fort à des prémices de harcèlements policiers que l'on avait déjà fait subir à des militants indépendantistes il y a 20 ans, suite à l'attentat malheureux et condamnable de Quevert. 

Quoiqu'il en soit, il y a de quoi être insurgé, en tout cas c'est ce que je ressens, en tant que citoyen et puis aussi comme adhérent de "Douar ha Frankiz".  Il y a de quoi s'insurger quand on sait que la charte politique du mouvement précise d'emblée que le parti est une "organisation indépendantiste, légale et non violente". Mais surement que mes camarades ont eu le tort de préparer une réunion publique et sans cagoules, le tort d'exister dans un Etat-Nation de plus en plus oppressif contre les libertés humaines, la revendication sociale et écologique, le tort de bousculer le droit à l'expression politique, le tort d'être anti-autoritaires et pacifistes, de condamner toutes formes de violences, et en premier lieu, celle des forces de l'ordre. Il y a de quoi effectivement s'insurger en constatant le traitement orienté et réservé à un parti et à ses militants, par rapport à d'autres partis politiques français, déclarés également comme association de la loi de 1901. Ca ferait de nous des éléments potentiellement menaçants alors que le danger s'exprime ailleurs et autrement. A ce stade, ont-ils vraiment besoin de nous stigmatiser ?

Alors Mesdames et Messieurs les gendarmes, ne vous embêtez pas à prendre en photo ma plaque d'immatriculation la prochaine fois que vous verrez mon AX citroën de 1989, garée à l'occasion d'une réunion de "Douar ha Frankiz", je vous la poste dans cet article afin que vous la téléchargiez dans vos dossiers encore et toujours compromettants.  

Article rédigé à ma seule initiative. Il n'est pas une commande de "Douar ha Frankiz". David Derrien

jeudi 4 février 2021

Bretagne. L'indépendance à l'Etat-Nation

La succession des gouvernements monarchiques de la 5è République Française corrobore ce que beaucoup savent déjà : l'idée suprémaciste de l'Etat-Nation était bien un mythe civilisationnel. Malgré la volonté d'aspirer toutes les forces créatrices et économiques du pays vers un seul point névralgique tel que Paris, couplé à l'acharnement des laïcs sectaires d'annihiler les langues dites "régionales", la graine d'insoumission bretonne n'a jamais cessé de germer dans les landes intérieures et les ports-citadelles. Il faut dorénavant en finir avec cette république, enfantant le  "danger des  souverainismes",  et d'une ribambelle de patriotes, gangrénée par une adminocratie pullulante, sans autre intérêt que de nous étouffer sous l'empilement d'actes endémiques, véritables poisons pour les libertés individuelles. 

Pour autant, il ne suffit pas de dire : "Ca suffit ! Trawalc'h !", l'addiction des territoires, des mentalités et des besoins en assistanat financier, vis à vis de l'Etat-mausolée, supposé "providence", est bien réelle. Autrement dit, le complexe d'infériorité des Bretons s'est camouflé sous un sentiment de supériorité propre aux peuples asservis (être plus français que le français qui n'est autre que jacobin). Un sentiment inscrit depuis fort longtemps dans les comportements linguistiques des Bretons, dont la langue présentait un handicap lourd s'ils voulaient s'assurer d'une avancée sociale à la mode française, généreusement disséminée dans les campagnes. A vrai dire, en parcourant son histoire, la France est bien une Nation à laquelle il est peu recommandé de faire allégeance (la France est une volonté politique et non naturelle).

Mais, à n'en pas douter et de façon objective, le premier réfractaire à l'idée d'émancipation reste bien le Breton lui-même. Alors certainement qu'il présente, de temps à autre, les caractéristiques d'un partenaire tempétueux, mais c'est à l'évidence pour bien faire rappeler que l'Etat en fait trop ou pas assez, en fonction où le vent écologique tourne ! Ce Breton est ravi, se contentant des fanfares et des farandoles folkloriques, octroyées par les chiens de garde de la République, élus à la Région et qui applaudissent aux balcons des Préfets. Il va falloir sacrément ramer et puiser dans les ressources pour parvenir à conscientiser ces populations sur les trois volets qui font que le nouveau mouvement "Douar ha frankiz" existe légitimement : l'indépendance, l'écologie radicale et sociale et le municipalisme libertaire.

Le nouveau visage de l'émancipation libertaire

Comme le rappelait l'un des fondateurs du mouvement, Alan Le Cloarec, l'indépendance bretonne est à considérer comme un droit et/ou comme une caisse à outil idéologique. Il est alors aisé d'accaparer cette orientation politique car très peu teintée de nationalisme, du fait à contrario que la vision libertaire des  militants présente de sérieux atouts pour le contrer, en cas de nécessité. Emile Masson (1869-1923, Breton anarchiste de Brest), fait toujours référence parmi cette nouvelle génération hyper visionnaire.

Effectivement le courant anarchiste reste encore et toujours une confession révolutionnaire, certes utopique, mais bien chevillé dans des politiques intégrales. Ce courant a d'ailleurs pris un sérieux coup de rajeunissement radical, quand Murray Bookchin (1921-2006. Militant libertaire américain) l'a converti à l'écologie sociale, afin que celle-ci s'épanouisse dans une nouvelle organisation politique imaginée par lui : le municipalisme libertaire.

C'est sans regret que la société bretonne libérée et coopérante devra se détourner des mythes des grands destins nationaux. Ils ne sont faits que pour une élite surclassée et inopérante, compatible avec un libéralisme maintenu par de petits pantins actionnaires ou non. Et si l'idée venait à certains de fomenter la création d'un Etat-Nation en Bretagne, il faudra compter sur l'opposition frontale de Bretons insurrectionnels. 


Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...