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dimanche 21 août 2022

Les pommiers et les autres

Il y a des Temps Modernes où tout est avalé, confus et recraché. Il y a des Temps Modernes où le verbe choir se conjugue bien avec les chairs tombées et désossées sans aucune autre alliance que l'inexistence. Au milieu de tout ce fatras bruyant il devient riche de trouver une escapade en urgence, un ilot plutôt terrestre. Car à force de désillusion de désenchantement d'écœurement de désaveu de dégoût, il convient de se reposer sur ce qu'il reste à supposer avoir du sens. Et puis, étonnement on découvre qu'il existe, étouffant sous des pensées toujours plus lourdes. 

Le combat est rude avec soi-même, toujours, dans la solitude d'un arbre, avec les autres, souvent en meute, à maintenir un semblant de nature sauvage (même si elle ne l'a pas toujours été) sur un park enclavé par le désordre des destructeurs. Car oui, ils ont voulu faire tomber les arbres à lindouar, déraciner l'œuvre de la nature et l'ouvrage de l'homme, mêlés dans les souches plus vieilles que les saisons. Malgré tout, in extremis, ils ont failli à leur propre calamité et ont retiré les tractopelles face à la serpe et la houe. 

En 7 ans de biodiversité, le champ de bataille s'est transformé en refuge pour vieux pommiers, en jeune sureau curieux de sève. Le poirier sauvage fricote comme jamais avec un frêne voisin de longue haleine. S'en suit une série de chênes résistants en avant de frêles noisetiers coincés sous l'ombre d'un hêtre robuste. Et puis encore un frêne solidement ancré dans la bienveillance des fougères. Que dire de l'Erable dont les teintes estivales donnent des envies d'automne ? Ne rien dire justement, contempler la vigueur des feuilles, en attendant que le soulagement vienne. Ne pas oublier le temps d'un printemps, le temps d'un instant, l'odeur suave des arbustes mal taillés que sont devenus, et mal venus peut-être, les lauriers-palme.

Il y a les Temps Modernes et ce que l'on laisse à la vie, le temps de la notre, un automne un pommier, en passant. 

Jeune sureau qui croît en lui sous l'égide d'un vieux pommier 


Ar Wezenn Awalou

Kanomp peb ur ganaouenn broman war un ton trist
Koue'et eo ar we'enn awaloù er bla-man n'o ket jistr
Un noswezh glaw hag awel e-kreis mis Gwengolo
Eo digouezhet ur gwalleur war ar we'enn awaloù
Ur gwalleur'so digouezhet, o ya, war mamm ar jistr
Gou't a rit 'ta roulerien an dra-se a so trist
Kris ha kaled eo klewoud kontañ deus ar gwalleur
So digouhezhet an deiz all en tu da draoù al leur
Houmañ oa ar c'haerrañ gwe'enn e oa bet'barzh ar vro
En doa laket alies kals a dud da gano
Da gano ha da zansal peb hini gis e vro
Me eo paotr Yann ar soner en eus bet graet va lod
Bet on bet pell diouzh ar gêr, bale dre ar vroioù
Netra m'eus kawet gwelloc'h 'wid an dour awaloù

vendredi 12 août 2022

Plus d'eau pour les Bretons et moins de touristes à Crozon

La Bretagne dans presque sa totalité géographique n'échappe pas aux impacts multiples du dérèglement climatique au cours de cette période estivale caniculaire. Couplée à une hausse de la fréquentation des touristes dans le pays, la pression sur l'accessibilité à l'eau s'en est retrouvée renforcée. Mais face à cette évolution néfaste du climat, annoncée par les écologistes depuis fort longtemps, les collectivités bretonnes tentent dans l'urgence et dans une impréparation insensée de répondre à la pénurie de l'approvisionnement en eau domestique par des restrictions que l'on impose dès lors aux Bretons. Sur les secteurs les plus concernés comme la Presqu'île de Crozon, la solution ne réside pas dans ces mesures restrictives puisque les périodes de sécheresses se répéteront irrémédiablement dans les années à venir. Dès à présent il faudrait agir autrement et instaurer des quotas de séjours en Bretagne afin de préserver ce qui peut l'être pour que l'eau soit disponible avant tout aux Bretons, tout au long de l'année.

On devrait voir plus souvent cette signalétique en période de crise majeure


que celle-ci un tantinet contraignante.
A quand un compteur intelligent pour contrôler et limiter notre consommation d'eau ?


Dans un communiqué du 12 juillet dernier, la Communauté de communes de la Presqu'île de Crozon - Aulne Maritime (soit 10 communes totalisant 22 400 habitants permanents en 2019) appelait à la vigilance pour la consommation en eau. Le communiqué expliquait que les premiers seuils d'alerte étaient atteints le 11 juillet du fait "des fortes chaleurs et l'augmentation de la population sur le territoire". Avec 6 millions de visiteurs par an dans la presqu'île (chiffre du journal "Le Parisien" de juillet 2020 à réactualiser à la hausse en 2022) il y a effectivement de quoi suffoquer. Face à ce péril écologique, les élus de la Communauté ainsi que les maires se mobilisent pour appeler à la responsabilité de chacun dans un sursaut de civisme en modérant l'usage de l'eau. La surconsommation démesurée et effrénée du paysage crozonnais et son impact sur l'environnement, avec ces nombreuses nuisances et interdictions, devrait les ramener à la raison.

Déjà faudrait-il, pour satisfaire pleinement leurs souhaits, interroger les touristes (et les Bretons eux-mêmes d'ailleurs) pour savoir s'ils savent que le Finistère a été placé au niveau le plus haut de la situation de crise pour la sécheresse et quelles sont les mesures contraignantes qui l'accompagne; on a certainement pensé à installer des panneaux à l'entrée des plages et des parkings pour le signaler. A n'en pas douter des haut-parleurs ont été fixés sur les mairies pour haranguer la foule lors des marchés hebdomadaires en s'appuyant sur le trilinguisme de l'Office du tourisme. Ou peut-être encore à s'équiper en véhicules électriques ambulants pour traquer le récalcitrant. Sûrement. C'est tellement tendance.

Ensuite, il faudrait contrôler le comportement de chaque usager lors des ouvertures du robinet. En cas de fortes chaleurs, 1 degré d'augmentation c'est presque 1000 m3 d'eau supplémentaire consommée à partir des réserves de l'Aulne d'après le vice-président du département et président du syndicat mixte de l'Aulne, Jacques Gouerou. On le voit bien, et surtout si le mercure s'affole avec plus de 35 c° de température, il est inconcevable d'imaginer un vacancier qui limiterait ses douches, un camping-cariste à renoncer à son réservoir ou à un occupant d'une maison secondaire à faire une croix sur un séjour à Crozon pendant l'été. Le geste de tirer la chasse d'eau se démultiplie et devient nécessaire, pour des questions d'hygiène et de salubrité publique, dans le cas d'hébergement collectif.  Avec 19 campings et 4 centres d'accueil c'est autant d'actes de consommation d'eau qui augmentent, à rajouter au "Festival du Bout du Monde" et ses 60000 spectateurs. A l'évidence les seuils de déficits en eau ont été dépassés dans la presqu'île, à lire le flash info du 09 août de l'Epaga (Etablissement Public d'Aménagement de Gestion du Bassin Versant de l'Aulne) qui confirme que les ressources en eau de l'Aulne et du lac du Mont St Michel alimentent actuellement la presqu'île de Crozon. 

En période d'étiage des rivières, la sécheresse accentue la baisse de la ressource en eau disponible, à répartir entre l'agriculture, l'industrie, les touristes, les ménages et les milieux aquatiques. On connaît les solutions pour ralentir le pompage et l'irrigation de l'eau dans l'agriculture intensive. On se doute que les ménages finiront par être pénalisés et que l'industrie devra être exemplaire en améliorant la gestion circulaire de l'eau. Mais sans vouloir stigmatiser le tourisme puisqu'il ne serait pas question de l'interdire, à choisir entre une activité secondaire et une activité vivrière, le choix de modéliser des quotas de visiteurs en Bretagne apparaît comme un enjeu de préservation des ressources en eau pour la Bretagne, ses acteurs économiques dans son ensemble et surtout pour son environnement parce c'est encore lui qui va trinquer en premier.

Autre lieu, autre cas de figure mais la réflexion est la même sur la régulation des touristes

https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/on-pourrait-aller-vers-d-avantage-de-regulation-face-a-la-hausse-de-la-frequentation-du-gr20-des-quotas-pourraient-etre-instaures-2596676.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR0Ql42ezxCCO5k07xoyMC_B9sWn_RFJwHnZdAbGlGdgbWqjH0fd8F1-Q0w#Echobox=1660580256-4


Ce n'est pas verbaliser qu'il faut faire mais réguler


mardi 9 août 2022

L'appât du gain facilite l'artificialisation des sols

A rebours de l'objectif du Plan Biodiversité "zéro artificialisation nette", la commune de Plougastel-Daoulas continue le rachat de parcelles naturelle et agricole dans le but de créer une nouvelle zone d'activité appelée ZAC Ty ar menez III. L'emprise au sol de cette ZAC couvrirait presque 14 ha de terres, dont la mairie en a fait l'acquisition dans sa presque totalité, pour un montant estimé à 645000 euro. 

Presque dans sa totalité, car d'après les informations administratives à la disposition d"A Quoi ça serre", seule une parcelle boisée de 1 ha située au centre du projet n'aurait pas été encore vendue à la commune (informations juillet 2022). D'après toujours ces informations, plusieurs propriétaires se partageraient en indivision ce carré boisé dorénavant menacé de destruction. 

Lisière du bois au Fresk

Pour approcher les propriétaires, l'association leur a adressés un courrier en date du 25 juillet dernier dont voici le contenu :

"Je suis le représentant d’une association de protection de l’environnement à Plougastel-Daoulas qui se nomme « A quoi ça serre ». Nous avons été saisis par le projet communal de rachat de fonciers pour la future ZAC Ty ar menez III implantée sur le secteur du fresk. A la lecture des documents administratifs à ma disposition, vous êtes propriétaires en indivision pour la parcelle « section CK n° 41 » d’une surface totale de 10075 m2, aujourd’hui boisée sur sa globalité.

Ce courrier a pour unique objet de vous sensibiliser à la nécessité de conserver en l’état votre espace naturel comprenant un certain intérêt écologique en terme d’essence d’arbres et d’une faune et flore restant encore à découvrir.

Vous êtes détenteur/détentrices d’un sous bois d’une valeur inestimable, en comparaison à l’ensemble des dégradations écologiques qui nous enserrent de plus en plus, et de plus en plus fréquentes. Le gain dégagé par la vente de cette parcelle en vaut-il vraiment la chandelle au regard des enjeux de préservation d’espaces naturels soumis pourtant à la tentation de l’artificialisation définitive des sols ?

Que ce soit clair, en tant que sentinelle de l’environnement, je ne compte pas vous convaincre du bien fondé de ma démarche, mais si un/une seul.e d’entre-vous acceptait de refuser de se soumettre à la loi destructrice de l’extension, en rejetant l’offre de rachat par la commune de Plougastel-Daoulas, alors vous seriez de ceux et celles qui empêcheraient que la maison brûle un peu moins vite.

Bien à vous. David Derrien"

15 jours plus tard et sans grande surprise, ce courrier est resté sans réponses des propriétaires. Ce silence méprisable prouve une fois de plus que la préservation d'espaces naturels et de terrains destinés à l'activité agricole n'est pas la priorité de propriétaires de terrains. Sans doute héritiers de fonciers à leurs yeux sans grand intérêt, leur vente sera une aubaine inespérée pour des personnes plus appâtées par un gain facilement obtenu, fortement aidé en cela par les incessantes modifications du PLUi de Brest Métropole. 

Alors devant le peu de considération de ces personnes à la préservation d'un espace boisé, préférant laisser à d'autres générations la gestion du désastre, il est de bonne guerre de leur donner un nom pour qu'ils sortent de l'anonymat :

A.M. Tanguy, M. Bathany, M. Belegaud, J. Breysse, M.T. Cariou, B. Vincent, sans oublier tous ceux et celles qui ont déjà cédé à la cupidité sans scrupules.

La parcelle boisée de 10000 m2 vouée à la destruction

Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...