Qui êtes-vous ?

Ma photo
La vie file, ne s'accroche à rien et surtout pas à l'avenir

mercredi 17 juillet 2013

Suspension de néonics : l'avis d'apiculteurs

La décision récente de la commission européenne de suspendre l'usage de 3 insecticides néonicotinoïdes pour 2 ans, car reconnus comme facteurs déterminants dans la mortalité des abeilles, a suscité de nombreuses réactions et commentaires par des ONG environnementales ou par des organismes agricoles accrédités. Mais en dehors de l'Unaf, rappelons le, qui regroupe une majorité d'apiculteurs amateurs, moins impactés par des situations endémiques catastrophiques, il y a une voix que l'on entend moins, c'est celle des apiculteurs professionnels. Et si on tend l'oreille, on entend ceci : "C'est du pipeau !", s'époumone Alain DAVID, ancien apiculteur bio d'Argol (400 ruches), co-fondateur de la Ffap (1) ; "Il y a une lassitude" constate José NADAN (500 ruches), représentant du syndicat des apiculteurs professionnels en Bretagne. "Dans les années 90, nous étions les premiers à alerter sur les conséquences de l'usage de semences enrobées sur les pollinisateurs. Les firmes qui fabriquaient ces semences affirmaient qu'elles n'étaient pas toxiques pour les abeilles". 15 ans après, le monde professionnel apicole en Bretagne est en berne et désabusé, car dans l'immédiat l'hécatombe continue dans les ruchers et que tous les indicateurs de stabilité sont encore dans le rouge et certainement au-delà de ces deux prochaines années. "Ce qui complique la donne, c'est que le blé comme l'orge ne sont pas concernés par les interdictions et sont encore traités avec le gaucho" ajoute Alain David; le gaucho premier ennemi de l'abeille, d'une longue liste de nuisibles chimiques.
En compagnie d'Alain David lors d'une récolte de miel dans la vallée du restic à Brest
Par ailleurs, c'est au début du printemps que la mortalité est la plus élevée lorsque les abeilles consomment le pollen toxique de maïs cruiser stocké dans les ruches situées à proximité des parcelles. Couplé à des conditions climatiques perturbées, l'éclosion de nouveaux essaims se raréfie, entrainant une chute de la production de miel et au final une fragilité économique. "Les maïs 2013 ne sont pas encore fleuris. Ces intoxications dureront encore pendant 2 ans et la suspension de ce même cruiser s'arrête dans 2 ans ! Tout est faussé" s'insurge Alain.

Interdiction de toutes les semences enrobées
Les apiculteurs s'accordent tous pour demander l’interdiction totale de la commercialisation en France des insecticides systémiques. En effet, l'autorisation de certaines cultures n'enlève pas la contamination dans le sol de substances qui peuvent être rémanentes jusqu'à 2 à 3 ans. L'exemple du gaucho (imidaclopride) sur orge est évocateur. "Lors de la rotation des cultures, si tu mets par exemple de la moutarde derrière de l'orge, le gaucho présent encore dans le sol  va accompagner le plant de moutarde durant sa croissance" explique José. En fleurs, l'abeille viendra butiner la moutarde et sera intoxiquée.
Autre cas de figure le cruiser (thiaméthoxame) de Syngenta. Le cruiser ne concerne pas que le tournesol ou le maïs mais aussi des plants comme le petit pois. Sur des secteurs où son exploitation est massive pour répondre aux besoins industriels de la conserverie ou de la surgélation, les butineuses sont exposées car elles y collectent du pollen. Mais à juste titre l'attention est davantage portée sur le maïs car culture omniprésente dans nos campagnes. Concernant la toxicité du cruiser, José prend l'exemple suivant : "un grain de maïs, un seul, balancez le dans une cuve de 5000 litres d'eau, vous atteignez une contamination de 0,126 microgramme/litre, soit au-dessus de la norme européenne de 0,1 microgramme/litre pour l'eau potable".  Semé à 100 000 grains/hectare, le potentiel de contamination d'un ha de maïs Cruiser correspond donc à la contamination potentielle d'un demi milliard de litres d'eau à 0,126 microgrammes/litre. Une partie de ce thiaméthoxame arrivera inéluctablement à notre robinet car hyper soluble dans l'eau.
Intoxication par les poussières
Donc, nous avons 2 plantes, l'orge et le maïs, hyper toxiques à cause de l'enrobage, dont la teneur en pesticide est tellement concentrée qu'elles polluent le sol et son biotope, pour plusieurs années, intoxiquant l'abeille, à tel point que sa mortalité est foudroyante. Mais est ce que le constat s'arrête là ? N'y aurait-il pas d'autres conséquences à déplorer ? "Comme l'enrobage est collé aux graines de maïs, les agriculteurs ont obligation de tracter des semoirs automatiques qui auraient toutes les caractéristiques techniques avantageuses d'éviter la propagation dans l'atmosphère des poussières dégagées lors des semis. Or ils ne sont efficaces qu'à 50 %" avance l'apiculteur du Faouët. Phénomène de rejet de poussières que l'on observe également lors du battage de l'orge ou du blé. La poussière alors non confinée se disperse dans l'environnement. La propagation se fait par l'air et à fortiori ne se limite pas à l'obstacle que peut représenter un bois ou une forêt aux alentours. Il y a donc fort à parier que, en dehors des agriculteurs, premiers exposés, tout individu peut être concerné par la contamination résiduelle de pesticides. D'ailleurs José s'étonne du silence des associations de consommateurs sur le sujet alors que des traces de résidus chimiques ont été constatées sur des légumes (courgette, tomate...). "On admet que la dose létale 50 est une mesure au-delà de laquelle 50 % des individus meurent suite à l'exposition à une substance toxique". Plus la dose létale est faible, plus la substance est toxique. En comparaison ce seuil est 5000 fois moindre pour la thiaméthoxame que pour le DDT, produit lui interdit depuis longtemps. 

Le dernier rapport de l’Inserm (2) confirme d'ailleurs des « présomptions fortes ou moyennes » de lien entre l’exposition à des pesticides et le cancer de la prostate, myélomes multiples, leucémie, Parkinson, Alzheimer, divers troubles cognitifs et des impacts sur la fertilité et fécondabilité.  

Cela doit conduire à une action publique forte et rapide en matière de réduction de l’usage des pesticides et la mise en place de mesures de surveillance alimentaire pour protéger les populations. Il ne serait pas  disproportionné d'affirmer que nous allons au devant de révélations sanitaires graves.

 (1) (Fédération française des apiculteurs professionnels)
(2) (Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale)

dimanche 23 juin 2013

Action round up non merci - Brest - Juin 2013

Suivant l'exemple des actions "round up non merci" réalisées par d'autres, un petit groupe d'activistes a investi le magasin Castorama de Brest le samedi 22 juin 2013, à une heure de grande affluence. Alors que nous pouvions espérer une dizaine de personnes, les nombreux désistements nous ont obligé à improviser un nouveau mode opératoire. L'action s'est déroulée en 2 temps.
La première intervention consistait à apposer sur les bidons "round up" de Monsanto les autocollants bien identifiés et d'insérer des étiquettes dans les glissières. Nous avons agi dans le calme et sans contraintes. 

Discussion avec le directeur
Puis après nous être transformés en abeille, accompagnés pas un garde du corps clownesque, et un api happy, nous avons tenté d'interpeller les clients du magasin par la distribution de tracts. Très vite le personnel s'est mobilisé afin de nous canaliser à l'entrée du Casto. Dès le début les échanges avec le responsable du rayon jardinage, Loïc, sont difficiles. j'ai donc demandé à discuter avec le directeur. J'explique à Bruno, que notre action s'inscrit dans une démarche unitaire. J'argumente en précisant que nous faisons un complément d'informations sur la dangerosité réelle du round up. Bruno reconnait qu'effectivement ce produit est dangereux mais que le personnel est formé pour conseiller les clients sur l'usage du round up et les avertir de sa toxicité. Je ne me suffit pas de cette réponse. Je demande donc à Bruno plus de transparence dans l'information et lui suggère d'afficher les dangers réels du produit sur l’environnement, les conséquences sanitaires, et de faire savoir que Monsanto a été condamné pour publicité mensongère. Le directeur estime en faire assez et que de toute façon le référencement de ces produits se fait ailleurs, et qu'aujourd'hui aucune réglementation n'interdit la vente du round up. Notre tête à tête commence à énerver Bruno. Il s'éloigne et demande à ce que l'on appelle la police. Entretemps, les vigies tentent d'empêcher le tractage alors que les clients sont réceptifs et approuvent notre présence. Il y a même une personne qui souhaite qu'on lui remette quelques tracts afin de les distribuer à l'intérieur du magasin. 
Même s'il ne fallait pas s'attendre à un accueil chaleureux l'ambiance est assez tendue et une bonne partie du personnel est assez hostile (au total ils étaient plus d'une dizaine autour de nous). On peut même ressentir une certaine animosité alors que dès le départ nous avions précisé que nous n'agissions pas contre le personnel de castorama. Une des abeilles se fait même mal traité par un type (civil ou salarié) limite agressif. Je mets ça sur le compte du nombre; si nous avions été davantage mobilisés l'attention sur chaque individu présent aurait été plus diffuse. 
Sur le départ nous croisons le véhicule de la police. L'entretien est serein et nous parvenons même à laisser un tract à un agent. Après avoir distribué nos derniers flyer, les uns et les autres font le récit de cette expérience. Alors que chacun s'accorde à dire que l'opération est satisfaisante je tenais à souligner que l'esprit de désobéissance civile et non violente a été respecté par tous, sachant que 3 d'entre nous étaient novices dans ce type d'actions.





samedi 15 juin 2013

Ouest France : itinérance écolo estivale de dédé l'Abeillaud

Opération "sous les algues vertes, la plage"
Il faut lire : du 22 juillet au 03 août, crowfounding, "sur un air de terre" est une association de Pont l'Abbé. C'est un magasin bio de Crozon.

Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...