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La vie file, ne s'accroche à rien et surtout pas à l'avenir

vendredi 21 juin 2019

La fraise comme appât : bon appétit !

Ah la fabuleuse fraise de Plougastel-Daoulas, cette fraise qui fait la renommée de la commune et la fierté de ses producteurs ! D'autant plus fameuse que certains la produisent encore aujourd'hui en pleine terre, dans des champs ou sous tunnels, le must étant celle qui est biologique. Sa rivale hors-sol fait pale figure quand elle étale son arôme sur les marchés ou dans les magasins de la région. Fort de son succès pécunier elle attire bien des convoitises et des appétits... Tenez, dans la longue liste des "ravageurs", prenez l'oiseau. En période de disette et de raréfaction de son premier met de choix, tel que l'insecte, l'oiseau vorace se rabat sur une proie bien moins volatile à gober, la fraise !
Sauf que, cet oiseau de malheur, et surtout s'il s'agit de l'étourneau, ne fait pas le bonheur du producteur, furieux de voir sa production chapardée par cet oiseau encombrant. On connaît les pratiques des serristes de Plougastel-Daoulas, peu enclin à se soucier de l'environnement et à considérer comme néfastes les conséquences de leurs actes sur sa préservation : à Plougastel-Daoulas, c'est connu, on ne fait pas dans la demi-mesure pour éradiquer un problème, ça fait dans le lourd !
Pour preuve, afin de ne plus se faire grignoter leurs récoltes cultivées sous tunnels, du poison est répandu sur des tas de fraises gentiment offerts aux oiseaux chaque soir dans les allées des plants. Chaque jour des tas d'oiseaux sont ramassés morts par les employés des serres qui ont comme mot d'ordre de faire disparaître ensuite les fraises empoisonnées. Des chiens de passage auraient été empoisonnées dans le village de Keralcun, situé en amont; des étourneaux et autres passereaux disparaissent au nom de bénéfices commerciaux. 
L'un des produits incriminé serait du Bromadiolone. Utilisé à mauvais escient, et en forte quantité, le produit peut être considéré comme extrêmement nuisible (des associations environnementales ont demandé une interdiction de commercialisation). Une mystérieuse poudre rose serait aussi associée au bromadiolone. 
Au niveau des textes de référence il semble que la loi est la Directive 79/409/CEE du 2 avril 1979 abrogée et remplacée par la Directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages, dite Directive Oiseaux. La Directive Oiseaux établit un système général de protection de toutes les espèces d’oiseaux vivant naturellement à l’état sauvage sur le territoire de l’Union Européenne. Dans l' annexe IV les modes de chasse de destruction massive interdits sont ...les appâts empoisonnés
Reste à identifier les empoisonneurs. D'après des sources fiables, l'exploitation suspectée appartiendrait à un membre de la famille de Dominique Cap. Dominique Cap qui revendique ma place, envieuse, de premier écologiste de la commune, garantissant le maintien d'une véritable biodiversité. Une règle qui l'applique également à ses proches et ses amis industriels....

“Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C’est l’oiseau inconnu, il chante avant de s’envoler.” René Char

vendredi 28 décembre 2018

Y a de quoi ce marais ! Pevarzek

Scribes d'humeur.




Allez les vers !
Shopix, une société stéphanoise qui commercialise des articles pour les jardins, a été condamnée par le Tribunal de Guingamp pour motif de publicité sur un désherbant contenant du glyphosate (Ouest-France, septembre 2018). La publicité pour les pesticides à destination du public est interdite depuis 2014. Après avoir recensé le nombre de camions itinérants sur les Côtes d’Armor, ERB a assigné la société en référé. A Saint-Etienne ils scandent « Allez les verts ! ». En Bretagne on chantera pour cette fois « Allez les vers ! ».

Une de trop
Le Tribunal des affaires sociales de Saint-Brieuc n’a pas voulu reconnaître la « faute inexcusable » de Triskalia dans le suicide de Gwenaël Le Goffic (Le Télégramme, 28/09/18). Selon l’avocat de l’épouse, Edith Le Goffic, la décision est contestable. Le médecin du travail préconisait pourtant de mettre le chauffeur en mi-temps thérapeutique après un long arrêt de travail. Au contraire, le jour de son suicide, il refusait une tournée supplémentaire. C’était une tournée de trop qui l’a emmené à un arrêt définitif.

Loup y es-tu ?
Disparus depuis plus d’un siècle, des loups seraient revenus en Bretagne, près du lac de Guerlédan (Ouest-France, 24/09/18). « Le loup est une espèce protégée mais partout où il s’installe, il provoque la pagaille », prévient l’Observatoire du loup. Pour prévenir les conflits et les braconnages, les naturalistes demandent aux éleveurs, chasseurs et protecteurs de l’environnement de leurs fournir des informations. Et quand ils iront se promener dans les bois, pourvu qu’ils ne se croisent pas !

Aquacouic
Le projet de parc aquatique du lac de Guerlédan ne verra pas le jour a confirmé le président du conseil départemental des Côtes d’Armor (le Télégramme, 26/09/18). « On n’a quelques soucis concernant la baignade à cause de la présence de cyanobactéries », précise Alain Cadec, sans en expliquer l’origine. Le président abandonne l’idée d’équipements aqua-ludiques mais veut « toujours mettre en valeur ce très beau site de notre territoire ». Avec une telle publicité, c’est bien parti.  

Mettre la main
Plusieurs cas de naissance de bébés sans main ont été dévoilés sur la région de Guidel (Le Télégramme, 05/10/18). Santé Publique France, chargée de la « protection de la santé des Français », n’a pas d’explications alors que l’organisme avait mené une enquête approfondie sur l’environnement des familles. Une piste est cependant évoquée, celle de l’usage des produits phytosanitaires. Reste l’aspect budgétaire qui ralentit la poursuite des recherches.  Est ce que l’Etat mettra la main à la pâte ? Rien n’est moins certain.

Vache sacrée
Une série de dégradations a touché les magasins d’artisans-bouchers, dont deux boucheries du centre ville de Brest (Le Télégramme, 05/10/18). Selon toute vraisemblance, l’origine des tags ne fait aucun doute sur les commanditaires, issus du mouvement anti-spéciste. Etonnamment, aucun magasin des réseaux bio avec une boucherie  n’a pas encore été vandalisé. La vache bio est peut-être plus sacrée pour les anti-spécistes.

« Accélérer »
Sandrine Le Feur, députée morlaisienne de LREM participe à la création d’un collectif « transpartisan  pour alerter et accélérer la transition écologique et solidaire » (Ouest-France, 10/10/18). D’après elle, le départ de Nicolas Hulot a su créer un sursaut écologique dans la société ». Elle promet « des actions concrètes, dès à présent ». Si elle agit comme sur le dossier du glyphosate, on se demande à quel moment elle va caler.

Le bec dans l’eau
La compagnie Brittany Ferries est assignée en justice par des sociétés d’élevage pour avoir interrompu la livraison de gibiers à destination des chasses anglaises (Le Télégramme, 25/10/18). La société transmanche évoque un risque important pour son image de marque, suite à la publication d’une vidéo montrant les conditions d’élevage dégradant pour les animaux. Les éleveurs risquent quand même de se retrouver le bec dans l’eau.

Mâche
Après son interdiction en Maine et Loire, le gouvernement a décidé de suspendre l’usage du Métam-sodium, pesticide utilisé principalement sur la culture de mâche, jusqu’en janvier 2019 (Le Télégramme, 01/11/18). A Cléder, cinq personnes ont été incommodées par des émanations de ce pesticide provenant des serres. Thierry Merret de la Fdsea du Finistère assure que « le produit ne va pas dans la mâche ». Peut-on faire confiance dans Thierry Merret qui, en général, ne mâche pas ses mots ?

Ralentissement ?
Force 5, l’un des opposants à la centrale à gaz de Landivisiau, a découvert sur le site d’implantation l’escargot de Quimper, espèce protégée par la loi (Ouest-France, 07/11/18). Mi-octobre, le collectif a fait venir un huissier pour le constater. « Aucune dérogation pour destruction d’espèce protégée pour l’escargot n’a été déposée », précise Force 5. Cette présence risque de faire ralentir le début des travaux, prévus en 2019.

Viser juste
22 faucheurs volontaires bretons ont déposé plainte pour des taux anormalement élevés de glyphosate dans leur analyse d’urine (Le Télégramme, 21/11/18). Une plainte visant les industriels utilisant le glyphosate dans leur herbicide, la Commission européenne pour une nouvelle homologation du produit, et les responsables des agences de santé sanitaire française et européenne. Pour faire pipi il faut viser juste pour bien éclabousser.

C’est pas Baud !
Depuis 10 ans l’île de Beniguet fait l’objet d’une longue procédure judiciaire pour infractions aux codes de l’urbanisme et de l’environnement (Le Télégramme, 24/11/18). Les faits remontent à 2007 quand le Tribunal correctionnel de St-Brieuc condamne le propriétaire, Eric Baud, à une remise en état de l’île dans un milieu à préserver. En 2014 c’est la gérante de la SCI, Blandine Baud, qui est mise en examen pour la réalisation de nouveaux aménagements.  Ma Doue ! Ce n’est pas beau de se comporter ça !

lundi 12 novembre 2018

L'écologie, le drame du bien commun

"Ce qui est commun au plus grand nombre fait l'objet des soins les moins attentifs. L'homme prend le plus grand soin de ce qui lui est propre, il a tendance à négliger de ce que lui est commun". Aristote

Cours d'eau potentiellement pollué, Plougastel-Daoulas-Ty ar menez, juillet 2017

Le 08 septembre dernier, je publiais sur facebook une vidéo montée par l'association "A quoi ça serre". Elle montrait un dépôt sauvage de gravats issus de chantier de déconstruction, entassé sur le secteur de roc'h nivelen à Plougastel-Daoulas. Cette vidéo fut visionnée plus de 1500 fois. Au même moment, une autre vidéo d'AQCS faisait apparaître l'acte volontaire et illégal d'un serriste récidiviste d'entreposer en plein champ des déchets verts et autres bagues plastiques et ficelles, censés être récupérés par des entreprises spécialisées. Quelques 180 personnes prirent le temps de la regarder. Rappelons que la dégradation des végétaux industriels en putréfaction provoque des jus fermentescibles, altérant la qualité de l'eau (sels nutritifs), surtout quand les dépôts sont situés, et selon les signalements nombreux et répétés d'AQCS, sur des bassins versants. 

Plus récemment, "A quoi ça serre" dénonça une omerta politico-industrielle sur les pollutions de zones humides engendrées par d'autres serristes de la commune. Encore une fois, l'audience, après la dénonciation de cette pollution des eaux à grande échelle, fut confidentielle. 

Sur un autre sujet, mais non moins essentiel, je fus consterné par le peu de mobilisation lors de l'appel des apiculteurs, toujours en septembre, à les rejoindre sur Carhaix. L'urgence à maintenir une population d'abeilles, pour la plus simple des raisons de pollinisation, est suffisamment relayée par les médias, suffisamment caractérisée par les chercheurs, pour nous inciter à oublier, le temps d'une journée, les loisirs du week-end. 

Dès lors, je me posais la question entêtante de comprendre pourquoi, la désapprobation, voire la mobilisation, en soi légitime pour ceux et celles qui y participent (voir les campagnes de nettoyage des grèves regroupant plusieurs dizaines de personnes), s'avéraient plus intenses et donc plus efficaces, quand il s'agissait de gravats visibles, solides, matériaux familiers à notre quotidien, que sur ce qui pourtant devrait nous intéresser instinctivement au point d'éviter les hypothèses de survivance. 

Nettoyage des abords de l'étang du caro par A quoi ça serre. Plougastel-Daoulas, décembre 2015

Oui, parce que, quand on y pense bien, il suffirait d'une demi-journée pour les services des collectivités, avec peu de moyens, pour déblayer le dernier dépôt (voir photo ci-dessous) découvert lors d'une promenade dominicale. Ce lieu naturel retrouverait son état d'origine sans que cela vienne perturber les prochains promeneurs et effacerait l'émoi sincère mais néanmoins compulsif qu'engendre sa publication. Aux autorités, ensuite, de dissuader les contrevenants à revenir. Mais, à contrario, combien de temps faut-il à une zone côtière pour se retrouver dépourvue d'algues vertes ? Combien de temps faut-il à une zone humide pour épurer son écosystème d'éléments toxiques ? Combien de temps faut-il à un apiculteur pour reconstituer un rucher ? Recomposer des réserves de miel ? Combien de temps reste-il pour voir encore des abeilles sauvages butiner les pommiers et les fleurs sauvages ? 

dépôt de gravats. Plougatel-Daoulas, novembre 2018
L'eau, comme les abeilles (je pourrais m'étendre sur l'ensemble de la biodiversité), deux exemples que j'appréhende dans leur fonction primitive liée à des ressources naturelles et donc intrinsèquement imbriquées à nos vies, sans que je reprenne les caractéristiques de leurs bienfaits sur notre santé et sur notre alimentation, sont indispensables aux biens communs. Mais qu'il y a t-il de "biens communs" dans un tas de gravats déposé dans un bois ? Après tout, cette porte défoncée ou cet évier ébréché, objets attachés à un seul propriétaire, n'interfèrent pas sur ma santé ou sur mon alimentation, je ne dépends pas de leur propre existence, comme pourrait l'être une eau polluée ou comme pourrait l'être la pénurie de légumes et de fruits, utiles au bon fonctionnement de mon organisme. La neutralité chaotique de ces objets, si elle trouve un remède dans une certaine réactivité des moyens de la collectivité, ne supposera pas non plus une dégradation du milieu.

On reconnaîtra (presque) tous que cela reste un acte d'incivilité, perpétré par un individu ou un groupe de personnes, très certainement peu concerné par le bien commun. Serait-ce donc à moi de remédier à ce geste alors que cette porte ou cet évier ne m'appartiennent pas ? Ces objets ne sont pas liés à ma propre existence et encore moins à ma préoccupation de voir rénover le logement individuel d'une tierce personne; ils jouent un rôle de fonctionnalité et non de nécessité. Dès lors je m'affranchis émotionnellement de cette dépossession car je fige ma priorité sur le maintien du Vivant.

Qu'il soit bien entendu que je ne fais que retranscrire mes observations à partir de réseaux sociaux, sans jugement de valeurs, car je suppose que la plupart des gens qui réagissent sont bienveillants. Mais je remarque quand même que l'attention est nettement moins soutenue sur les sujets liés à la qualité de l'eau ou la disparition de l'abeille sauvage. 

Nous assistons à l'extinction du patrimoine naturel immatériel. Nous ne sommes pas étrangers à ce phénomène, tout en étant dramatiquement et consciemment concernés.

Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...