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dimanche 8 novembre 2020

EELV brestois : une politique verdâtre en fond de rade

Malheureusement, c'est une constante, invariablement, à quelques exceptions près comme José Bové, le parti "EELV-Les verts", et peut-être à l'image d'un de ses fondateurs comme Daniel Cohn-Bendit,  aura pondu des représentants bretons, indigestes, qu'ils soient élus parlementaires ou communautaires. La région brestoise n'échappe pas à ce navrant constat, car c'est ainsi qu'a qualifié un élu finistérien d'EELV, l'annonce par le parti, la "navrante" nomination de Ronan Pichon pour mener la liste sur le Finistère aux régionales de 2021: "Encore un élu de salon", complétât-il. 


















        Au centre Ronan Pichon. Sur sa gauche son président François Cuillandre. Il y a de quoi être hilare Mr Pellicano (élu de la majorité brestoise, franc-maçon de droite). Il y a des images parfois qui en disent plus long que des mots... (Municipales de 2020).

Effectivement, Ronan Pichon, à la tête du groupe des élus EELV de Brest est un élu de strapontin au service non pas de l'intérêt écologique sur le pays de Brest mais bien de l'intérêt du président de Brest Métropole, le non moins respectueux bétonneur du territoire, François Cuillandre (défense du projet routier de la vallée du Restic, destruction du bocage naturel sur la ferme de traoñ bihan, pression  sur la vallée semi-sauvage du costour, soutien au projet d'installation du centre de formation du stade brestois et de l'aménagement du chemin de kervenal à Plougastel-Daoulas). On ne peut pas dire que les élus EELV qui siègent à Brest Métropole aient pris leur distance avec François Cuillandre et ses partisans lors des dernières élections municipales, position qui leur aurait pourtant donnée une réelle autonomie face à de tels agissements. Au contraire même, l'union est consommée : il est vrai qu'il est plus confortable de parler d'écologie que d'agir pour l'écologie, et ce n'est pas six ans de plus qui feront de François Cuillandre un écologiste patenté ! De facto, l'alliance de l'équipe de Ronan Pichon avec un aménageur-bétonneur comme François Cuillandre les engage sur la voie du déshonneur à cautionner la gestion publique de ce type en discréditant au passage, les engagements d'associations locales sur la préservation de l'environnement comme "A quoi ça serre" à Plougastel-Daoulas : du pain béni pour les réactionnaires locaux qui pourront arguer que leurs actions sont isolées, formant une entrave à la prospérité économique de leurs industries. 

Donc, en plus de lui fournir un mandat exclusif, les élus EELV attribuent au président de BMO une délégation pour tous les sujets relatifs à l'administration générale, et devient alors leur représentant légal, à la condition bien-sur qu'ils ne s'y opposent pas. C'est bien d'ailleurs ce qui s'est passé lors de la séance  du conseil de la Métropole du 10 juillet 2020. A la différence des deux groupes "Brest, c'est vous !" et "Brest Progressiste", Ronan Pichon et ses amis ne se sont même pas abstenus dans leur décision et ont donné pouvoir à François Cuillandre pour (extrait de la délibération) :


"Dans tous les domaines"... C'est bien là que la bât blesse et que la faute politique est avérée. Sans aucune distinction ni restriction, ils donnent la possibilité à François Cuillandre d'ester en justice quel que soit le domaine, n'excluant évidemment pas les contentieux sur l'environnement, pourtant de plus en plus nombreux et, dans leur ensemble, fondés sur des observations précises et incontestables pour tous les sentinelles de l'environnement qui agissent sur le terrain contre vents et marées (ou vendus et merdiers). Ils ont donc soutenu par délégation la possibilité à BMO  de se porter défenderesse dans le dossier qui les opposent dorénavant à l'association "A quoi ça serre" dans leur recours déposé devant le Tribunal Administratif de Rennes pour le maintien en l'état du chemin de kervenal (rappel : travaux couteux d'élargissement d'un chemin pour fluidifier et accentuer la circulation des camions, avec une dérogation préfectorale pour autorisation de destruction d'espèces protégées). 



Il est difficile de se réjouir, tellement leur attitude politique est déplorable et se répète comme leur incurie. Je passerai sur l'obstruction opaque des élus brestois d'EELV à ma présence au sein du conseil d'administration de l'association AE2D il y a 5 ans (ce qui dénote au passage l'orthodoxie de ce parti sur l'écologie) car elle se faisait par défaut. Je m'assieds aussi sur la plainte déposée par un de leurs élus sur Plougastel, si pathétique. Par contre, en tant que porte-parole de l'association "A quoi ça serre" je ne peux pas admettre leur complicité calamiteuse avec François Cuillandre, et par ricochet avec le maire de Plougastel, Dominique Cap, voire avec les agro-industriels de la production de tomate et de la fraise sous serres, hors-sol et hors saison (voir article ci-dessous).

A titre personnel, je constate que ces représentants polluent, telles des algues vertes en fond de rade, le débat public par leur entente contre-nature, et ne font que donner du crédit à ceux qui bousillent notre environnement car rien ne doit venir entraver leur appétit vorace de bétonnage. 



dimanche 25 octobre 2020

L'anarchie, un rempart contre les barbaries

Contrairement à une économie ultralibérale, portée par une suite d'algorithmes informatiques, dominée par une hiérarchie à la recherche de profits à l'infini, et qui se nourrit en l'absence d'interactions avec les phénomènes civilisationnels, la société humaine a besoin d'une organisation politique pour faire face aux périls de la barbarie. L'anarchie apporte encore au 21ème siècle des réponses concrètes aux différents chaos qui se profilent, des chaos qui ont déjà pris corps dans des bouleversements climatiques irréversibles. 

                    la ruée récente sur le papier toilette à cause de la Covid-19 démontre bien l'impréparation des 

                                                            populations face à de prochains soulèvements incontrôlés

Quand on évoque la barbarie en 2020, le lien avec des dérives religieuses, notamment caractérisées par le djihadisme, y trouve une concrétisation immédiate et altérante. Elles prennent toutes leurs significations à travers des actes de terrorisme et semblent de plus en plus vouloir atteindre les piliers de la connaissance universelle, quels que soient leurs champs d'application.  La réponse à la montée d'un nouveau fascisme religieux (le catholicisme a lui aussi démontré sa capacité par le passé à lacérer profondément des civilisations indigènes au point de les aliéner), imprégnant de plus en plus les populations, particulièrement en Afrique, ne sera jamais jugulée par l'attitude ambivalente des démocraties libérales qui vont jusqu'à fournir un arsenal complet d'armes à des pays du Moyen-Orient ou qui développent comme l'Amérique de Trump, une diplomatie de l'isolement ou de rupture (le cas d'Israël) alors que la mondialisation libérale leur est plutôt bénéficiaire. 

Toute cette fascination, voire fanatisation, pour des croyances belliqueuses ne doivent pas nous détourner de nouvelles formes de barbarie qui pourraient naître de l'effondrement économique de l'occident consécutif aux bouleversements continus de l'environnement. Les défis sont plus nombreux que le déni ne limitera pas et n'ont pas encore déployé toutes leurs démonstrations nocives : le dégel du permafrost avec la libération potentielle de virus inconnus, l'accès à des besoins vitaux (l'eau et les denrées alimentaires), les cataclysmes en tout genre généralisés, les déplacements de populations (réfugiés climatiques et migration de masse), l'accentuation des maladies et de la mortalité liées aux pollutions thermo-chimiques, la perte endémique de la biodiversité partenaire d'une économie agricole, le développement industriel de bêtes à viande, la destruction accélérée de pièges naturels du carbone comme les forêts, l'acidification des océans, la perte des ressources halieutiques et menaces sur l'ensemble du vivant, les conflits autour de gisement de minerais avec la recrudescence de l'esclavagisme et notamment infantile,.... Les démocraties libérales centralisées s'en trouveraient fragilisées, ne serait-ce que sur l'aspect sécuritaire de territoires pourvus d'une production énergétique nucléaire, parce que complices d'une rupture dans la préservation d'une paix sociale. Ne courrions-nous pas alors le risque de voir se construire des politiques toujours plus autoritaires ?

En admettant, comme le pensent les collapsologues que l'irrémédiabilité du changement climatique se situe dans une fourchette comprise entre 10 à 30 ans, le type même des démocraties que l'on connait aujourd'hui, et qui ne parvient déjà pas à faire face à l'obscurantisme religieux, ne sont plus des organisations politiques capables de contrôler les barbaries à venir. L'anarchie qui prend un nouveau tournant dans ce que Murray Bookchin appelle le municipalisme libertaire, doit être un rempart aux paniques qui pourraient assaillir des populations entières et majoritairement urbanisées face à des pénuries élémentaires. Selon la vision de l'écologie radicale, les assemblées décisionnelles s'organiseraient au plus près des préoccupations locales. Le "retour à la terre" se généraliserait sous forme de véritables coopératives, les déplacements devraient être limités ou sinon propulsés par des mécaniques vertueuses (énergie vélique pour les navires par exemple). L'éducation écolo-populaire serait la base de ce qui garantira la paix des continents parce qu'elle enseignerait les vertus de la sobriété. On pourrait ainsi égrainer des solutions déjà existantes et bénéfiques à l'ensemble de l'humanité, car l'aspect technologique est une chose acquise, se mettant au service exclusif du bien vivre et de la santé de ces populations humaines, libérées de l'Etat-Nation, du libéralisme et des religions. 


samedi 24 octobre 2020

Petit détour sur l'intérêt d'une butte

Avant de m'exprimer sur un sujet quel qu'il soit, et surtout s'il s'agit d'une activité nouvelle, qui plus est agricole, je prends le temps nécessaire à la pratique, à son cortège de tâtonnements, aux expérimentations et à leurs observations recueillies. Je ne les décortique pas tel un ingénieur ou un technicien en quête de règles agronomiques ; je fais plutôt appel, et surement avec intuition, à mon bon sens paysan (pendant longtemps les paysans se sont passés de techniciens ou d'ingénieurs, et ils s'en sortaient très bien). Dans le cas présent, m'excluant des débats contradictoires, voire passionnés, lors de l'effervescence récente autour de l'apparition de la permaculture en France, et n'étant pas à mon aise face à la multitude de formations aux coûts exorbitants, j'ai monté au cours de ces 4 derniers années 7 buttes maraichères (avec une pause en 2019), car j'estimais que cela pouvait correspondre à la fois à une cohérence de sobriété et une nécessité d'adaptabilité au milieu semi-sauvage dans lequel j'allais évoluer (d'autres éléments viennent accompagner l'agencement de la parcelle en permaculture, que je ne développe pas ici, même si je considère la butte comme l'épine dorsale de mon aménagement).  
D'abord et avant tout, sans y parvenir totalement, il fallait se débarrasser de l'usage de produits de synthèse comme les phytosanitaires et de l'énergie fossile. Dans le premier cas de figure, la question a été vite réglée car plus qu'évidente. Dans le second cas, et même si je n'y suis pas arrivé complètement j'ai réduit significativement la consommation de carburant, brûlé lors de l'utilisation d'une tondeuse ou de la débroussailleuse (à titre indicatif j'utilise environ 1l d'essence pour 1 butte, en moyen mécanique).
Ensuite il a fallu s'adapter au milieu qui me reçoit : hygrométrie élevée (versant nord, parcelle bordant la rivière de l'Elorn) et assez prolongée dans la journée, sol tassé avec une flore sauvage persistante (la fougère par exemple), avec une forte densité de variétés de graminées donnant à la parcelle de lindouar un aspect de prairie permanente. Quelques plantes indicatrices (eupatoire chanvrine par exemple) m'indiquent que la parcelle se trouve en "état humide" (lindouar se caractérise par sa légère inclinaison, ce qui ne la classe pas en "zone humide"). 

J'ai donc compris que si je voulais être en accord avec quelques principes de départ et si je souhaitais entretenir ce terrain pour ne pas qu'il retourne à la friche, je devais procéder autrement. La butte a été une réponse évidente à ma recherche d'une pratique respectueuse du milieu naturel. Pour accompagner mon argumentaire, je vais m'appuyer sur les écrits de Christophe Gatineau, qui démonte, et c'est son droit, le principe de la butte de permaculture. (reprise de ses propos dans https://jardinonssolvivant.fr/le-mythe-de-la-butte-de-permaculture-par-christophe-gatineau/).
"La butte de culture ou la culture sur buttes est devenue une figure de la permaculture en France, comme un signe de reconnaissance et d’appartenance à une tribu ; un symbole si fort que beaucoup d’adeptes croient que la culture sans but, c’est cultiver contre la nature !" 
je ne sais pas à qui il fait référence, mais je ne me sens nullement rattaché à une communauté de ce genre. Le mot "adepte" vient signifier que nous aurions affaire à une croyance méthodiquement déployée par des forces sectaires. Personnellement je me suis volontairement écarté d'un apprentissage programmé dans des formations onéreuses qui, à mes yeux, ne se justifient pas.

j'ai une grande sympathie pour le couple d'agronomes, les Bourguignon, connu pour leurs recherches sur les phénomènes généraux liés à la vie du sol. Christophe Gatineau utilise les commentaires de Claude Bourguignon pour compléter son réquisitoire contre les buttes dont ils ne sont pas partisans :
"Les buttes, c’est beaucoup de travail. Alors pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple en déposant la matière organique à la surface… C’est plus reposant !
Non, les buttes n'obligent pas à beaucoup plus d'efforts. Pas plus ni moins qu'un jardinier ordinaire dans son potager. Peut-être que parce que j'avais presque toute la matière à ma disposition, je n'ai pas le sentiment d'avoir fourni un travail démesuré. Certes, le montage d'une butte requiert à sa naissance quelques efforts physiques surtout quand on dispose les tronçons de bois sur le sol, parce que oui, j'ai fait le choix inverse de ne pas enfouir le bois qui profite alors d'un milieu oxygéné, ni d'entasser les couches de matières comme c'est si souvent colporté, mais de les superposer en les couvrant le printemps suivant d'une terre végétale récupérée ailleurs, lors de l'excavation de la terre pour une mare par exemple (inconvénient majeur : les adventices se réveillent alors, je conseille de réaliser un faux-semis pour s'en débarrasser, désherber une première fois puis être généreux dans l'apport en paille ou en foin). 

Faire des buttes, c’est bien en zone sahélienne, mais chez nous, il faut vraiment avoir envie de se casser les reins pour rien…"
Pourquoi ne pas importer des méthodes africaines qui sont efficaces chez eux ?

Je lis aussi ailleurs que la culture sur butte est une culture hors-sol. Pour ma part, je constate le contraire, je parlerais d'une surélévation du sol. En se dégradant la matière mobilisée (goémon, herbe fraîche et feuilles, sciure ou copeaux de bois, foin) génère de l'humus, grâce au concours de la vie microbienne, des insectes détritivores et de l'air, se glissant dans les interstices du bois. Il y a donc un contact direct avec le support originel. 
De plus je constate l'effet bénéfique du bois en décomposition. Sans pouvoir les décrire, à chaque automne surgit une colonie de champignons à la surface des buttes (favorisés par la lignine ?). 
Certaines fois je n'échappe pas à l'amateurisme, comme la fois où j'étais trop généreux dans mon apport en compost. Même mélangé au 1/3 avec de la terre, les plants légumiers ont véritablement souffert. Je pense avoir retrouvé un certain équilibre une année plus tard en laissant les buttes concernées en "jachère", à voir la production de blette et de haricots verts de cette année. Le compost je le réserve pour la culture de pommes de terre... sur terre.
Enfin j'y trouve un certain confort dans l'acte de jardiner, du fait de la surélévation et je pense que je ne suis pas le seul être vivant à en tirer des bénéfices, quand je vois la croissance des légumes et de plantes aromatiques comme le thym. Les purins d'ortie et de consoude venant en complément pour certains légumes.
 



À l'ombre du Menez moc'h. L'infirmerie (extrait)

Il y avait eu d’abord le froid métallique du lit militaire. Une table d’opérations, offerte par un médecin gradé américain en remerciement d...