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mardi 3 février 2026

De la domestication du capital vers une souveraineté heureuse

Partie I

L'exemple de la dette africaine et de la production de cacao.

Sans être économiste, financier ou politologue, il est possible d’analyser certains mécanismes géopolitiques afin de mettre au jour les effets profondément délétères du capitalisme sur les populations locales — le plus souvent pauvres — ainsi que sur l’environnement. Ces effets se manifestent de manière particulièrement visible dans les domaines de l’agriculture et des industries extractives. Derrière la volonté affichée de complexifier les rouages du système (FMI, OMC, prolifération de sociétés "écrans", d’organismes financiers, de paradis fiscaux, etc.) se cache un processus de mondialisation des décisions de dépendance. Ce processus assujettit les États à une forme moderne de colonisation. Le marché dérégulé, notamment financier et bancaire, réhabilité à partir des années Thatcher et Reagan, n’a fait qu’accentuer les contractions économiques, les conflits militaires latents, les écarts entre les classes sociales et les pays en voie de développement entre eux. Il ne fait qu'accentuer les crises écologiques et climatiques que certains lient au « capitocène ».(1)

De nombreuses théories ont été publiées sur les mécanismes par lesquels le capitalisme domestique les individus, sur ses effets et, par extension, sur les formes de domination et d'appauvrissement qu’il exerce sur eux (2). En revanche, une approche inversée — interrogeant la transition du capitalisme vers des capacités de survie des individus et sur leurs marges d’autonomie — demeure largement sous-théorisée. Cette absence s’expliquerait potentiellement par le fait que, de génération en génération, l’option révolutionnaire a longtemps bénéficié de la faveur de ciels qui attendaient la démonstration spectaculaire de la force populaire et destructrice du mal, ouvrant la voie à de nouveaux modèles démocratiques (3). Or, tandis que se multiplient à travers le monde des rébellions et des insurrections localisées, et qui ne sont pas toujours en lien avec l'étranglement du capitalisme l’objectif d’une révolution internationale s’éloigne. Elle recule à mesure que s’intensifie la dépendance au système capitaliste, et plus encore à une dette prédatrice, soigneusement tissée comme instrument de contrôle et de perpétuation de l’ordre établi.

La mainmise des sociétés hyper-capitalisées, et de leurs bras armés — multinationales, institutions bancaires et financières, plans d'investissements structurels — sur l’Afrique demeure spectaculaire. Elle s’inscrit dans la durée, traverse les siècles récents et a revêtu des formes multiples de contrôle, voire de destruction systémique. Les décisions visant à exploiter les ressources humaines et naturelles, à orienter de force les activités économiques et à encourager une corruption à grande échelle répondaient à au moins deux logiques interdépendantes : accroître l’endettement des États et enrichir toujours davantage les détenteurs du capital. Ces dynamiques, loin d’être accidentelles, se renforcent mutuellement dans un système de dépendance soigneusement entretenu. À cet égard, l’exemple de la production du cacao constitue un cas emblématique, offrant une base solide pour analyser succinctement  — et contester — les mécanismes de domestication du capital.

Image générée par un assistant numérique

Dette et cacao relèvent d’une même matrice : la dépendance financière. En échange d’accords de prêts et d’un soutien à l’investissement, le FMI impose aux États des contreparties structurelles. Pour y parvenir, l’institution influe directement sur les choix des filières économiques à développer. Dans le cas de la Côte d’Ivoire (4), les décideurs ont ainsi structuré l’économie nationale autour de la production intensive de cacao, avec une incidence inévitable et incontrôlée de la pollution chez tous les intermédiaires.

Pour ce faire, le pays s’est lourdement endetté, tout en acceptant d’orienter sa filière presque exclusivement vers l’exportation. Le résultat est sans équivoque : la production et l’exportation de cacao servent avant tout, et de manière indirecte, au remboursement des créanciers, tout en maintenant l’économie nationale dans une dépendance à une consommation mondiale par volonté, instable, soumise aux aléas des marchés et aux enjeux géopolitiques globalisés. (5) La population locale, quant à elle, n’a que marginalement bénéficié de cette manne financière. Au contraire même. Elle s’est rendue dépendante d’une ressource agricole unique, désormais fragilisée par l’intensification des contraintes liées au dérèglement climatique.

Comment se dégager de ce mécanisme répressif et des turbulences politiques perpétuelles ? Sans avoir besoin d'être un expert sur la question, celle-ci a été maintes fois posée et analysée par des auteurs qualifiés (6), l’effacement de la dette des pays de l'Afrique subsaharienne apparaît dès lors comme un mécanisme logique de : réparation (esclavagisme, colonisation, enrôlement dans les armées d'occupation, instauration de frontières, etc), compensation (pillage des ressources naturelle et culturelle, exploitation des enfants, pollution endémique et captation massive des déchets, etc), mais surtout de désengagement (émancipation démocratique). Si la dette est partiellement annulée ou restructurée, les revenus du cacao ne sont plus captifs du remboursement. Ainsi, l’État, ou tout autre organisme démocratique qui pourrait se substituer à lui, peut rediriger ce capital vers des investissements pérennes et locaux : infrastructures, éducation, santé, diversification agricole, etc. De facto, le capital se « domestique » : il sert les besoins internes au lieu d’engraisser des créanciers externes et de satisfaire des consommateurs qui se soucient à la marge du bien-être réel des petits producteurs. Mieux encore, il libère un potentiel nouvellement créé, capable de moraliser les pratiques, transformer les mentalités et donner forme à une souveraineté heureuse.

Alors, le phénix renaîtra de ses cendres.

La domestication du capitalisme poursuit un objectif stratégique unique : préparer son effondrement contrôlé. Il s’agit de désamorcer l’accumulation disproportionnée, en l'asséchant progressivement, de richesses concentrées – en milliards de devises stockées dans les comptes financiers, multinationales et banques – pour les réorienter vers un développement éthique, durable et international, guidé par le seul consentement démocratique.
Cette domestication du capital pourrait se concevoir comme un hybride entre réformisme et révolution, une voie intermédiaire, verte, une reformulation (et pourquoi pas, non violente) où le système économique est à la fois transformé et maîtrisé, jusqu’à ce qu’il puisse céder sa place à une nouvelle économie, plus juste et responsable. Et qui peut aujourd'hui spéculer sur la pénurie de plaquettes de chocolat rangées dans les placards des Européens ? À suivre : leviers et mécanismes généralisés de la domestication du capital.

(1) Capitocène : l'ère du capital

(2) La domestication de l'humanité, Jacques Camatte. https://libcom.org/article/domestication-humanity?utm_source=chatgpt.com

(3) La Commune de 1871 par exemple, insurrection républicaine matée dans le sang par la bourgeoisie

(4) La Côte d’Ivoire et le Ghana produisent ~ 60 % du cacao mondial

(5) 

Le Monde, le 09 février 2026

(6) La dette odieuse de l’Afrique : comment l’endettement et la fuite des capitaux ont saigné un continent – Léonce Ndikumana & James K. Boyce. https://www.fnac.com/a6090633/Leonce-Ndikumana-La-dette-odieuse-de-l-Afrique?utm_source=chatgpt.com


calcul de l'empreinte écologique de l'auteur : 2.5 T de rejets de CO2 en 2025 (niveau de soutenabilité : 2 T selon les données de l'Ademe)

dimanche 1 février 2026

Premiers travaux de "À l'ombre du Menez moc'h"

MàJ le 13 mars 2026

La rigueur des missions sacerdotales régit l’Institut du Menez Moc’h depuis plusieurs décennies. En apparence, cela ne heurte personne. Sauf Augustin, prisonnier d'une journée ordinaire de mars. Le givre matinal le tenaille. Même les oiseaux ont déserté cette aube nouvelle, déjà sacrifiée. Leurs gazouillis se sont tus. On pressent à l’avance qu’une menace plus prégnante que le frimas est tapie aux alentours. En cette période de Carême, la lueur rasante semble épier, à son tour, le sous-bois. Il est à peine plus de sept heures.

Près de la rivière Stêr-noz, des craquements sinistres lacèrent le silence gelé. Aux crissements paresseux et gênés des branches qui s’entrechoquent, répondent les éclats de celles disloquées, gisant au sol.

Peut-être un gros gibier en fuite ? Dérangé par une menace quelconque ? Non.

À l’évidence, l’allure est plus légère, bien que saccadée. Derrière le tumulte, on ne distingue pas immédiatement le souffle altéré d’Augustin Le Mat. Celui d’un jeune garçon qui court. Pire. Qui s’enfuit. Qui tente d’échapper à la terreur qui le talonne, aux aguets.

Doit-il s’inquiéter à propos de sa respiration ? Tant elle est heurtée, irrégulière, extrême. Son asthme le reprend. La pente se raidit. Un objectif, une vision :

– La cuisine de Marthe…

Aveuglé par l’afflux de larmes, il s’enfonce dans les ronces. Les épines éraflent ses mains et transpercent le pantalon. Derrière lui, un froissement se précise. Trop proche pour être ignoré : des pas sur les feuilles mortes comme un groin qui fouille le sol. Le silence gelé hérisse une fourrure. Quelque chose d’écru, recourbé, menace. Augustin réunit des forces, presque ultimes. Il s’arrache aux arbustes, s’égare, se faufile entre les troncs serrés, ripe sur les racines, plante ses doigts dans le sol. En vain.

La campagne autour de
l'Institut agricole de Kervivot
Il ne parvient pas à se dérober à l’acuité de celui qui le poursuit. Lorsqu’il pivote brusquement la tête, il ne voit rien. Ne rien voir est pire. Le néant le saoule, l’attire vers le bas, le démantibule. La sueur, malgré le froid, fige ses petites boucles rousses contre la nuque. Les traits de son visage, émaciés par l’effort, se dissolvent dans une teinte pourpre qui amoche. Les fagots qu’il devait rapporter à la cuisinière sont devenus orphelins. Ils se sont éparpillés comme des cailloux marquant sa piste. Une tentation, presque une invitation pour le poursuivant. Trop tard pour revenir en arrière. Trop tard pour hésiter. Les battements sur ses tempes s’intensifient. Les formes se brouillent.


J’en peux plus…

Puis, au détour d’un dernier virage, il aperçoit le bâtiment. Un mastodonte austère qui se dresse devant lui dans une lueur abîmée par la brume. Des rectangles de lumière voilée mouchettent la façade. Un bourdonnement familier, parfaitement indifférent à la détresse d’Augustin, envahit peu à peu l’édifice. Sa masse écrase le drame, qui dérange l’ombre de ses fondations. À l’arrière, au-delà des courbes des pâturages, des élèves sanctionnés s’affairent autour des étables. Au loin, la Montagne de Keramenez se cache sous une masse compacte et concassée, broyée par les premiers rayons du jour.

Encouragé, Augustin accélère la cadence. Il ne se retourne plus. Les gravillons de la cour roulent sous ses pas, le déséquilibrent ; les semelles glissent, instables.

– Traîtresses… Maudites chaussures en cuir ! Rien ne vaut mes sabots.

On dirait qu’on veut l’ensevelir, l’abandonner dans l’ombre de Kervivot — on ne s’y prendrait pas autrement.

Pas maintenant. Pas ici. Par pitié. Laissez-moi…

Le rassemblement liturgique des pensionnaires, dans la petite chapelle, ne va pas tarder. Il perçoit les premières vocalises de l'aumônier, Père Joseph, pour s'échauffer la voix.

Il fonce vers le pignon. Trois marches. L’entrée de la cuisine baille dès l’aurore.

 – Oohh… mon Dieu… Marthe est là…

Le froid lâche prise : la pièce est saturée de chaleur et d’effluves. Les vapeurs denses telle une pression tropicale, et les rejets de cuisson accumulés depuis la veille, s’extraient, viciant l’air du palier. Augustin franchit le seuil du sous-sol, haletant. La chemisette colle à la peau. La boue éclate sous les chaussures. Elle se raffermit et se croûte sur la veste, indésirable.

Il disparaît dans la semi-obscurité veloutée, presque envoûtante. Y règne une odeur épaisse : lait chaud, oignons jaunes rissolés. De gratin de chou-fleur, ail décliné à toutes les sauces. De poêles grasses au repos au-dessus d’une vaste cheminée qui crépite. Un mélange saisissant mais familier. Celui que trimballe la cuisinière et qui oint même ses cheveux. C’est réconfortant.

 Marthe… au secours… s’entend-il dire.

En raison du vacarme, ses yeux globuleux se posent aussitôt sur le lycéen. Elle sait. Les signes sont évidents, ceux d’une proie. Pas besoin de mots. Il est là, quelque part, parmi les élèves. Se dissimule-t-il sous une soutane, derrière un tablier, sous couvert d’une fonction ? Plus de vingt ans qu’il rôde et fouine, protégé par un anonymat scrupuleusement entretenu.

 Elle a connu ça aussi, une seule fois: l’effroi piégé dans l’oeil, les membres qui convulsent, un corps qui voudrait dénoncer l’opprobre des actes et expurger le dégoût de soi, mais n’y parvient pas. Marthe Bothorel ne veut pas le perturber davantage. Alors elle reprend Augustin à demi-mot, le drapant dans ses remontrances : « Mais c’est pas possible ! Regarde dans quel état tu es ! Ton pantalon… de la boue partout ! Bouh Dieu ! Où tu t’es roulé, pt’it porcelet ? Et le bois ? Tu l’as pas rapporté ! Bouh Dieu ! À force, c’est toi qui deviens une corvée, hein ? » Elle sait. Et elle ne fera rien. Il faut savoir capituler devant la noirceur d’une soutane — une noirceur intime.

À le voir ainsi, tenant à peine debout, la cuisinière doit intervenir. Elle interprète l’immobilité d’Augustin comme un signe d’oppression : une abomination a lesté son esprit, abâtardi son corps, jusqu’à créer une raideur presque cadavérique. Les mouvements chaotiques de son thorax viennent, à intervalle régulier, briser cet engourdissement.

— Allez… ne reste pas figé là, debout, comme ça… viens t’asseoir un peu.

Le ton s’adoucit. Marthe tire l’un des bancs qui bornent la longue table, laquelle scinde la cuisine en deux sur toute sa longueur. Augustin s’exécute. Il n’a pas prononcé un mot. Ils ne viennent pas, terrés dans leur cachette. Le contact du banc intensifie les tensions dans le bas du dos.

 



mercredi 28 janvier 2026

Le film plastique fait son show


Repartage. Première publication août 2015.
D'autres avant moi sur Plougastel-Daoulas avaient alerté sur la nocivité du plastique laissé à l'abandon dans la presqu'île. Depuis ils sont devenus naturalistes, préférant photographier les petits papillons posés sur les fleurs du printemps, à proximité du plastique en question. J'ai même entendu l'un d'eux prétendre qu'il valait mieux laisser le plastique en place pour ne pas perturber l'écosystème. Je rêve ! Le plastique devient un élément naturel et banalisé.
De mon côté, après une intense activité, variée et pérenne, il y a 10 ans, à mon tour, j'ai laissé tomber. Si j'étais trop ambitieux sur les objectifs ou sur une approche moins "écologie punitive", je ne savais pas que les habitants de la commune se foutaient autant de la calamité écologique que représente ce plastique présent dans le sol, la végétation et les cours d'eau. Mais ils s'en foutent, à un point !! À 99.99 %. J'ai découvert depuis qu'ils se foutaient également du déversement dans la rade de leurs propres excréments. Ces personnes figurent plutôt dans le haut du panier social.
Étonnamment, des personnes se mobilisent pour ramasser les déchets des criques. Ils délaissent les déchets des talus. Curieux. Sachant qu'il existe des pollutions invisibles comme l'E. coli des bords de mer. Mais là aussi, (presque) personne. Curieux ?
Personnellement, J'ai fait le choix, depuis longtemps, de ne plus ramasser le plastique des talus et des bords de mer. Mais strictement rien ! C'est foutu. Je ne suis ni compable de sa pollution, ni de son impact, ni de sa nocivité, ni de son avenir. Ni de la merde déversée dans la plus belle rade du monde.

Berge de l'Elorn - Plougastel-Daoulas


// Prod est une association qui entend sortir des sentiers battus pour mettre la création militante au service de la nature. Il s'agit de faire autrement, de manière décalée, pour accoucher de démonstrations éphémères afin d’alerter sur les risques encourus par des pollutions et de sensibiliser au maintien de la richesse de la biodiversité qui est menacée.
// Prod a investi le champ laissé sale par la prolifération de fragments de film plastique agricole, utilisé pour les cultures en pleine terre, puis, au mieux, rejeté et abandonné dans les talus de Plougastel-Daoulas, au pire brûlés en fin de cycle d’usage. Le principe est de sortir de la banalisation d’une pollution qui se généralise par délitement et devient calamiteuse faute de réponses adaptées de la part institutions pour gérer le passé et dégager des fonds publics pour financer des chantiers de collecte.
Chemin pédestre - Plougastel


L’idée de // Prod est donc de ramasser les morceaux de plastique noir, à nettoyer et dépourvus de salissure, puis de créer des atmosphères perturbantes. Ca peut être aussi bien :

+ utiliser la végétation morte, momifier les arbres déracinés ou des branches de gros calibres. Le concept est de reconstruire un paysage dénaturé en replantant ces arbres au cœur de l'écosystème intact et de créer un contraste entre une nature verdoyante et la souillure laissée sur place,
+ monter des mannequins à l’aide de grillage (formes humaines ou animales) et les enrubanner de la bâche agricole. Produire des mises en scène directement sur site avec un objectif narratif autour des menaces écologiques,
+ fabriquer des cercueils à partir de carton eux aussi recouverts de film plastique. Les suspendre aux arbres qui voûtent les chemins pédestres, devenant le symbole d’un cimetière végétal.
L’ensemble de ces réalisations est fixé par une colle naturelle(à base d'eau, de farine et de sucre).

Ci-dessous différentes réalisations

Où se glisse le danger ?


Au-delà de la recherche d’une plastique artistique, que nous dévoile cette mise en scène perturbée car dénaturée ?
Au début il y a l’arbre, symbole de la puissance de l’élévation et du cycle de la vie. Mais affaissé sur le flanc, il personnifie la fragilité de la nature, contrariée par l’emprise d’une calamité écologique, aliénée par une pollution, celle du film plastique agricole. Son déracinement renvoie à la condition humaine qui se fige de façon compulsive dans une organisation urbaine, venant rompre la symbiose de l’homme à son environnement. Perturbé par sa propre futilité, il ne saisit plus l’essentiel et s’éloigne des vraies attitudes à adopter, comme le suggère l’introduction des deux personnages dans ce paysage. On y voit un référent adulte, tout aussi bien un père, un animateur socioculturel ou bien encore un éducateur spécialisé.
Il est accompagné d’un enfant qu’il surveille. Cet enfant, qui dévale sur un toboggan, peut à chaque instant chuter et se faire mal. Au demeurant, la vigilance du référent est légitime. Mais son attention n’est-elle pas détournée du véritable danger que représente le plastique qui l’entoure et dont il a banalisé la nocivité ? Car en effet que devient ce plastique quand il se désagrège ? Transformé en fragment, ce plastique, avec la complicité des éléments (ruisseau, vent, …) rejoint les estuaires, puis file dans la rade de Brest, s’incruste sous la forme de micro-résidus et contribue à l’intoxication de la chaîne alimentaire. Certainement que le référent et l’enfant consomment régulièrement du poisson. Ils viennent, à leur tour, sans le suspecter, d’être contaminés par l’ingestion de plastique. A-t’on alors bien évalué le sens des responsabilités ?

Cimetière végétal
Bois classé. Bordure du domaine maritime. Loperhet (29). Le propriétaire du bois autorise un serriste de Plougastel à faire brouter son bétail dans la parcelle. Conséquence : les animaux arrachent les écorces des arbres, mettant la chair à nu. La surpopulation du troupeau entraîne un pâturage excessif, ce qui conjugué à de fortes intempéries durant l'hiver 2013 provoqua à la fois la chute des arbres malades sur un terrain en pente mais également d'arbres sains en bordure de l'Elorn. Le signalement par l'assocation "À quoi ça serre" des dégâts occasionnés dans ce bois, aurpès du propriétaire, a semble-t-il été efficace, car depuis aucune présence de bêtes n'a été relevée.




Lieux au culte

Sanctuariser un lieu de culte ne sauvera pas le sacré de la nature.

Chapelle St Jean - Plougastel


Chapelle St Claude - Plougastel

Chapelle St Tremeur - Plougastel


Poème

Foutu film

Foutu film ! Il se faufile fossoyeur
Se défile habiller le lit des estuaires
Se prélasse sous une plastique noirceur
Tel un brai résidu délavé au polymère

Squatteur, il scarifie les murets à mûrier
Se plait en plaie, une pléiade de rats du sol
Immondice famélique de peu de fraisiers
Dès lors dévore les environs de Kergolle

Opportuniste, il se tapit végétal
Rivalise et s’enracine à se fossiliser
Dans le charnier d’une chimie létale
Dans la chimère boisée des prieurés 

Outrancier, il outrepasse son sort
S’éternise dans la friche défraîchie
S’abandonne atone dans le décor
Pour un temps décuplant sa gabegie

Kergolle - Plougastel

Certains textes et certaines photos font l'objet d'un supplément à la revue brestoise, Kraspeck. Publication d'août 2015.

Takotsubo - Landerneau (extrait)

« Takotsubo » ( 蛸壺 ) est un terme japonais signifiant littéralement « pot à poulpe ». Le nom vient de la forme caractéristique que peut pren...